Diégèse  dimanche 22 octobre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Tu te rappelles le calendrier que tu nous avais fixé, il y a quelque temps maintenant. Je l'ai fait avancer aujourd'hui, d'une façon que tu ne soupçonnes pas. J'ai marqué de rides nouvelles mon visage pour que tu ne me reconnaisses plus. J'ai donné à voir ma tristesse à la rue. Je suis parti tôt le matin, tendre comme il n'est pas permis d'être tendre quand on n'a personne à serrer dans ses bras.
J'ai roulé sur ma bicyclette, plus loin que ne le permettait le temps menaçant, pensant bien que je pourrais ensuite prendre le train, mettre l'engin dans un wagon aménagé et mettre les écouteurs sur mes oreilles pour mieux penser à toi.
Il n'a pas fait beau aujourd'hui et je ne sais pas si je n'ai pas attrapé froid, comme le froid qui me vient, à tes yeux qui me manquent.
Tu savais que je partirais dès le matin vers l'est le long du canal doré par les feuilles jaunes de peuplier qui le recouvrent complètement à certains endroits et qui se mêlent à la couleur de boue de l'eau. Il faisait beau et il y avait même de la tendresse dans l'air à rouler ainsi le long des berges comme dans une chanson. Quand le vent s'est levé, je n'ai pas compris tout de suite que la promenade allait se durcir et devenir presque désagréable, comme dans une métaphore d'histoire d'amour. Que faisais-tu ? Où étais-tu ? Chaque tour de pédale ramenait ces mêmes interrogations et leur douleur lancinante. Je ne pouvais plus souffrir ton nom sur le répertoire de mon téléphone. Quand j'ai entendu ta voix, sèche et cassante, disant que tu étais là, mais dans une totale absence pour moi, j'ai brisé les ressorts de l'amour pour mieux goûter le temps.