Diégèse  lundi 23 octobre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Nous nous sommes promenés le long de la Seine. Cela faisait plusieurs années maintenant que je ne l'avais pas fait. Les arbres donnaient de l'ombre, plus que n'en demandait la lumière déclinante de réverbères vieillis. Nous nous sommes promenés, frôlant nos mains et nos bras, nous rapprochant pour mieux montrer le détail des monuments aperçus de chaque côté des rives, faisant le tour de l'île Saint-Louis, comme un bateau échoué depuis si longtemps. Puis nous sommes rentrés à ton hôtel et je t'ai donné un baiser chaste. 
Rentré chez moi dans l'appartement sombre, j'ai repensé aux jours solaires de la mer bleue et des dunes blanchies. Je me suis rappelé aussi les chemins odorants et les herbes de cumin mêlées de coriandre sauvage. Paris n'offre que des odeurs différentes, plus sauvages et plus violentes, jusqu'au mal de crâne. Je repense à ton amour.
Quand nous nous sommes vus, tu avais choisi la musique, qui dansait, dans le trouble venu de l'alcool. Le soir était avancé et montrait sa nonchalance, à la mesure des chants égrenés, égarés, sans but. Tout le jour, j'avais pensé à nos conversations désormais perdues et à ces mots qui ne résonneraient plus pendant longtemps que dans des labyrinthes sourds de la mémoire perdue.
Je me tourne sur la chaise du bureau et je plonge dans la photographie que l'on m'a apportée. Il s'agit d'un lieu de fête et de plaisir détruit. Je ne veux pas jouer les dés du souvenir de notre relation puisqu'il parait que nous étions liés. Tu me dis aujourd'hui que nos vies ne se diront plus rien que le souvenir que le présent à venir n'existe plus.
Dans les rues rendues au soir je ne pense plus à toi.
Je me dis que le temps est ailleurs que dans ces mots, loin de toi.