Diégèse  mercredi 25 octobre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dès le matin, c'est le travail qui prend le dessus, qui dit ce qu'il faut faire et ne pas faire, qui dit comment, pourquoi, encore, jamais. 
En allant déjeuner, j'ai aperçu ta silhouette qui s'éloignait. Tant que je ne vois pas tes yeux, tant que je ne vois pas ta bouche, tant que je ne te vois pas vraiment, que je peux savoir que tu existes comme tu existes dans ce texte qui s'écrit pour toi et sans toi.
Tu te souviens de nos promenades dans les collines souples du nord de la Syrie. Tu te souviens des collines douces qui accueillaient les arbres sous lesquels nous aurions voulu nous reposer. Mais nous ne nous sommes jamais arrêtés.
Comment penser à toi, encore, après ce temps de haine ? 
Je ne sais pas et je ne sais plus si je t'ai dit encore une fois que je t'aime.
Je pense à toi mais qui es-tu ? Tu te souviens que ton corps et le mien peuvent s'assouplir l'un à l'autre, se lier et se délier, se nouer et se dénouer et reposer l'un sur l'autre, trouver le sommeil, se réveiller et se rendormir, danser le ballet doux du désir. Tu te souviens de cela ? Moi, je m'en souviens, aux moments incongrus de la journée. Ton corps vient remplacer la parole de qui me parle, m'explique que la vie est de papier.
Je me rappelle la fermeté de tes lèvres, et leur caresse sur les miennes et ton cou doux qui reçoit les baisers.
Il y a dans cette période une volonté d'émerveillement. Tu as oblitéré les vieux souvenirs et en partant, tu les as emportés avec toi. Il en reste cette impression de liberté, et que c'est triste la liberté.
Mais toi ?