Diégèse  jeudi 26 octobre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dès le matin, j'ai laissé les mots ici pour pouvoir plus léger me rendre là-bas. Toute la journée, je n'ai pas pensé à toi et au malheur de ne pas te voir et de ne pas te parler, à la douleur. Elle est peut-être partie, elle a peut-être disparu dans le temps du travail, dans le temps qui passe, qui part, qui marche dans la vie.
Dans le matin qui porte du soleil, je suis allé et j'ai bougé toute la journée, pensant à demain, à ces rencontres de tant de gens, de tant de mots, de tant de parole.
Qui fait que ton image reste ou s'efface ? Elle s'efface. Aujourd'hui, elle s'efface.
Que veux-tu que je dise ? Comment veux-tu que je t'oublie ? Tu me dis que tu voudrais encore des mots, mais mes mots sont mes caresses.
Pourquoi faut-il que ta main tremble quand tu me parles ? Je regarde tes yeux, ils sont presque rougis et les miens piquent et ma main tremble aussi. Il y a ce moment de fixité que j'avais déjà connu dans un mouvement de foule, de gens qui passent, qui montent et qui descendent les escaliers du métro devant lesquels nous nous tenons, sans autre point de regard triste que le regard triste de l'autre.
Je rentre sur ma bicyclette, sans autre souci que le souvenir de tes yeux. Je n'ai pas pu t'embrasser.
Dans le noir de la chambre, les yeux rivés par les étoiles dingues, je peux enfin pleurer sur ce qui fait que je suis seul ce soir, dans la tendresse excessive de cette solitude.
Je me demande toujours s'il faut tourner cette page de l'émotion.