Diégèse  vendredi 27 octobre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je ne savais pas bien aujourd'hui comment contenir la colère qui me venait par bouffées, par vagues et les rouleaux m'emportaient loin dans l'envie de crier et de bousculer. Il aura fallu toute l'harmonie de l'urbanisme du Parc de la Villette, qui joue toujours avec les perspectives et les lumières, le bleu surtout, qui calme et qui rassure. C'est le même bleu que je retrouve le soir quand je reviens tard vers le bureau et que je traverse les grilles bleuies et enchantées des colonnes de Buren. Dans l'encens qui aurait pu se lever, je ne sais rien d'autre que le bonheur d'être là. La lumière a effacé la colère.
Je te parle un peu, sans empressement et te dis que je ne peux plus croire en tes mots et en tes phrases, mais le temps passe vite et je ne sais rien que cette vitesse.
Dans le noir de la salle, pendant que les cobayes désignés sur la scène parlent de leurs affaires et tentent de raconter ce qu'ils font, ce qu'ils disent, ce qu'ils aimeraient et qui ils sont, je te regarde en biais pour apprécier le profil que tu donnes parfois à voir lorsque l'écran vidéo, là-bas, se fait plus clair. Je peux même parfois, lorsque les images te colorisent, prendre la mesure de tes lèvres, de leur texture, de leur chair, de la granule de leur chair, de leur sensation sur mes lèvres, de leur exacte température, qui parait toujours si fraîche. Je voudrais les faire rouler doucement sous mes doigts, caresser ta joue jusqu'à leurs commissures.
Mais la salle se rallume et tes lèvres sont loin, le front buté les interdit même aux regards, tu es irréprochable, inapprochable, avec une marque de ta douceur.