Diégèse  samedi 28 octobre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le gris de la journée ne me fait pas penser à toi. Je n'ai vu tes yeux et ton corps que dans la lumière de l'été, dans cette chambre trop douce que les cyprès, derrière la fenêtre, n'arrivaient pas à rendre plus forte, plus sauvage.
Je ne me rappelle rien, en fait, de notre rencontre désignée, écrite, presque sans mots
Je suis allé faire des courses et dans le monde adouci par l'hiver qui vient et la laine qu'ils portent, les écharpes en mohair des femmes et les foulards et le tweed des casquettes.
Le gris de la journée s'est estompé dans la nuit. Je regarde autour de moi dans le calme d'une solitude choisieJe pense à nos soirées au Batofar, quand la musique avait encore un bruit.
C'est incroyable comme les grands magasins sont emplis de solitude. Les vêtements arrangés croulent sous la presse des clients qui passent. Il y a si peu de vêtements que l'on peut supporter sur sa peau, surtout les vêtements d'hiver. Ils piquent, ils grattent et se défont.
Dans le métro qui me conduit au centre de la ville, une femme en face de moi sort un livre de son sac et commence à le lire. Elle commence vraiment, elle le commence à la première page. Le livre est connu, incongru dans le métro. Il s'agit du Petit Prince et je me demande quel rêve de pureté, quel désir d'images de fleurs, de moutons et de planètes, quelles fêlures que l'on ne soupçonne pas peuvent la conduire à lire ce livre dans le fracas des voitures qui bringuebalent vers Opéra.