Diégèse  dimanche 29 octobre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Comment crois-tu que je vais croire ce que tu me racontes ? Je n'ai pas de mots pour dire mon doute. Et quand tu avoues, je suis heureux car ce que tu avoues, je sais alors que je le savais et je sais aussi que ma souffrance venait d'imaginer que je pouvais inventer tout cela, que j'étais fou de croire que tu pouvais ainsi cacher ta vie à ma vie.
Nous nous sommes parlés longuement au téléphone sans aucun espoir que la conversation aboutisse à autre chose qu'à cette frustration, du trop peu de sens, du trop peu de vérité.
Toute la journée, le temps a passé avec des nuages gris et blancs au dessus des fenêtres de l'appartement. Je ne suis pas sorti mais je n'ai pas attendu que tu me proposes de venir. Je ne t'attendrai plus, sauf ta mort, peut-être, après avoir pleuré.
J'ai parcouru avec N. les rues de Bagdad, chaque nom de rue et chaque nom de quartier faisant resurgir une rue, un quartier. Évoquant des noms de personnes, ce sont des visages amis qui reviennent un peu flous.
Je suis resté chez moi. J'ai annulé tous les rendez-vous possibles que j'avais pour l'après-midi. Je me suis mis sur le lit avec des livres et des images et j'ai lu, j'ai dormi, j'ai regardé les images. Je me rappelle les après-midi d'automne à Bagdad, quand il y avait encore la sieste sur des couettes cousues à la main par les femmes sur les marchés. 
Entre l'Irak et moi, il y avait tout ce matelas de temps.
J'ai pris quelques photos de la ville la nuit. J'ai beaucoup marché.
Le texte s'évanouit.