Diégèse  lundi 30 octobre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'est le grand vent encore. Le toit vibre et les fenêtres laissent passer un peu d'air comme si la ville n'était plus qu'une chambre froide ventilée. Les nuages passent, à peine nuages, à l'horizontale et vite.
Il flâne dans la ville un air d'exceptionnel qui autorise les gens à se parler, à se dire qu'il y a du vent et que vraiment, le temps change.
Tu m'as appelé, avec ta voix des mauvais jours, me racontant combien le week-end avait été chargé d'alcool et de ce que l'on appelle fête, et qui n'est qu'alcool, oubli et excitation. Je n'ai rien dit, je ne dirai plus rien et je m'en moque.
Des visages nouveaux se dessinent dans ma tête. Deux mois pour finir ce deuil de toi, pour aller ailleurs, vers d'autres mots et d'autres tendresses, pour retrouver des souvenirs doux. Mais tu me manques.
Toute la journée, je regarde les effets du vent par la fenêtre. Ce sont les effets du vent sur mes cheveux que je manque, caché à l'intérieur. Nous allons déjeuner dans un restaurant provincial, amical, convivial, où l'on sert des plats bien chauds qui viennent du four, directement sur la table. Nous nous donnons des impressions d'hiver et de déjeuner en ville. Je sors du bureau assez tard, trop tard sans aucun doute. Je regarde la nouvelle entrée du métro au Palais Royal mais je n'arrive pas à la photographier. Les rues ne me disent rien, les formes ne me disent rien, je devrai la regarder encore.
Nos voix se mêlent encore au téléphone, longtemps elle se mêlent et ce qu'elles se disent d'autre que la douleur, je ne le sais pas vraiment. Tu me dis que tu ne peux pas me dire que tu m'aimes.