Diégèse  vendredi premier septembre 2000


ce travail est commencé depuis 245 jours et son auteur est en vie depuis 14698 jours (2 x 7349 jours)
2000

ce qui représente 1,6669% de la vie de l'auteur

hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Fallait-il vraiment qu'il pleuve pour que je me rappelle que c'est l'automne ? En fait, c'est l'automne imaginaire, c'est encore l'été, c'est le moment que l'on choisit pour aller à Deauville, le vendredi soir, quand on croit encore que l'on va supporter l'hiver, que ça va aller
J'ai rencontré M. pour la première fois, sans que personne le sache, même pas nous. Il n'y avait que le vent un peu plus froid quand nous nous sommes croisés sur le chemin de retour et il me semble même avoir reconnu ses yeux, vifs, je crois. 
Tu sais, hier, sur le même chemin de retour, il y avait ton parfum en fantôme derrière moi, à l'endroit où l'on traverse le boulevard Sébastopol comme on traverse un fleuve. Je me suis retourné deux fois et je crois que j'étais bien hagard, comme des piquets qui avancent dans la mer.
La pluie du matin n'a pas duré. Elle a fait semblant, elle a fait peur, elle s'est amusée à voiler l'été un instant, une demi matinée, presque. Ensuite, il y a eu le soleil et les touristes ont réapparu, avec leur allure de touristes, leurs yeux qui ne fixent rien, qui ne fixent jamais le regard, qui s'enfuient, qui sont déjà partis
Dans la voiture qui me ramène d'une réunion, je vois leurs cheveux sur les autobus à impériale d'où on peut découvrir la ville. Pourquoi ne m'emmènes-tu jamais sur un autobus comme ceux-ci, pourquoi ne laissons-nous pas le vent laver nos occupations, nos préoccupations et les angoisses que je tisse, que je martèle aussi.
Le soir, tu viens me voir, et, d'emblée, je suis frappé de ton absence de conviction. Quoi que tu dises, quoi que tu avoues, tu n'es pas encore de retour, et tes yeux portent toujours des amitiés qui sont ailleurs.