Diégèse  samedi 2 septembre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'est aujourd'hui que j'avais décidé de reprendre la course à pied. Je me suis levé tôt car j'avais dans l'idée d'être dans le bois avant que le soleil ne se lève pour courir dans la rosée, réveiller les animaux et apparaître dans la clairière avec les premiers rayons blancs, et la brume, les jambes chaudes de la course et la sueur se réchauffant aux rayons. Je suis arrivé un peu trop tard et il n'y avait pas de brume.

Cet après-midi, j'ai rentré le bois qui m'a été livré et qui attendait les premières pluies dans le jardin. Je lui avais préparé une place dans la remise. J'aime faire ce travail, marquer mentalement la répétition des bûches que l'on soulève, que l'on met dans la brouette, et puis le rangement, savant, comme si jamais on ne détruirait l'édifice de bois, comme si jamais il n'y aurait le feu dans la cheminée, et l'odeur, et le froid et te lire encore le conte.
Dans le lit, je voyage. Je me suis réveillé sous tes caresses. Tu viens parfois à l'improviste, l'après-midi, quand tu sais que je dors, et tu me réveilles doucement, comme on le fait avec un enfant, avant de commencer des baisers que l'on ne fait que par amour, et que l'on grime parfois du désir, que l'on ne fait que par désir, et que l'on grime parfois d'amour. Nous avons fait l'amour avant ton départ. Il faisait déjà nuit, presque. Le téléphone a sonné. Il fallait que je reprenne une autre vie. J'ai dîné avec Js. qui avait passé la journée à travailler. La conversation en alerte s'est arrêtée là où tu commences.
La nuit sera agitée, je ne vais pas pouvoir dormir. Les mots que tu as prononcés vont se perdre en moi, se multiplier, prendre tout l'espace du sommeil, tournoyer en boucle, sans droit, sans devoir, et m'écarquiller les yeux dans l'obscurité pâle de la nuit de la ville. Que sais-tu de tes effets ?