Diégèse  dimanche 3 septembre 2000


ce travail est commencé depuis 247 jours et son auteur est en vie depuis 14700 jours (22 x 4 x 52 x 72 jours) 2000




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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dans le jardin à la française, nous avons marché sous les feuilles qui tombaient déjà, dans le soleil en pluie, sous les arbres. Tu m'as raconté ta nouvelle existence, tes journées harassantes dans un bureau étroit, tes craintes de ne pas bien faire. Tu as regardé mes mains, vieillies à ta rencontre et tu n'as pas dérobé ton visage à la caresse que je t'ai faite, comme l'ultime souvenir de nos nuits, de ces journées finies que nous passions ensemble.
La pluie nous a poussés vers les salles du Louvre, encombrées de touristes, d'enfants qui jouent. Nous nous sommes adossés aux statues monumentales, attendant que la lumière change, comme nous le faisions avant. Tout ce premier dimanche de septembre disait le temps qui passe sans toi, la vie qui passe sans toi, mais la vie est toujours éternelle, et le temps, je te le donne.
Nous avons marché et, parfois, le rythme venait d'un alignement, de fenêtres fermées ou ouvertes, fortuit. Et nous suivions alors ce rythme là dans le soleil. J'aime marcher avec toi, le pas est vif, et tu connais assez ton corps pour maintenir la bonne distance entre nos deux corps, qui parfois se rapprochent et se touchent et se disent qu'ils pourraient s'arrêter là et se mêler doucement à la poussière de la ville.
Nous sommes allés voir notre lampadaire, le soir, juste au moment où les systèmes automatiques de la ville l'allumaient, avec les autres, moment délicieux qui raconte que le soir de la ville commence et que si l'on veut, ce moment-là peut se dilater pendant toute la nuit, dans un désir de ne jamais finir. Nous sommes allés boire un verre. Dans la fumée du bar, et dans le brouhaha des conversations, la magie s'est estompée.