Diégèse  lundi 4 septembre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je voudrais encore être devant la mer, dans la baie, quand la marée qui descend laisse voir la boue ciselée et grise. Aucune chance, sauf celle d'attendre un rendez-vous avec toi ce soir, que je vais rencontrer pour la première fois, que je vais revoir enfin depuis longtemps. Mais je sais qu'à la dernière minute, que tu auras comptée avec beaucoup d'application, tu céderas à ta panique et tu ne viendras pas, et ce sera un nouveau café que je connaîtrai par cœur, dont j'aurai détaillé la décoration de brasseur et les enseignes placardées à la va vite, et les réclames pour des jeux que j'ignore. Le patron m'aura regardé souvent avec l'espoir que je parte, l'inquiétude que je sois là pour contrôler les débits, car le jeu veut que j'attende jusqu'à la fermeture, je rentre à deux heures, donc, enfumé par les autres, saoulé par le bruit, et je dors avec toi, dans ce souvenir là. La journée s'est tendue vers le soir, jusqu'à ce que je parvienne à ressentir la fièvre qui m'envahissait, jusqu'à ce qu'elle me fasse claquer les dents. Dans le taxi, il a fallu que je me concentre fort pour ne pas changer de direction, pour ne pas demander un hôpital, pour ne pas entrer, de fait, dans le dramatique.
Tu étais là, tu étais dans le devoir, devoir être là, ne pas te déjuger, rester ce qu'il faut, faire ce qu'il faut, ne pas avoir à regretter, mais pas jusqu'au bout, pas dans l'amour en fait, dans le devoir, juste dans le devoir. 
Je te regarde partir, vaguement soulagé cependant de rester seul, de pouvoir décider seul des suites à donner à tout cela, à cette épreuve, à ces révélations déjà révélées depuis longtemps. Au matin, puisqu'il fallait travailler, je n'avais plus de fièvre. L'épisode était terminé.