Diégèse  mercredi 6 septembre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je n'attendais que le soir pour dormir. Je n'attendais que le sommeil qui pouvait venir, qui pouvait me dire que la vie s'ensommeillait avec bonheur dans des draps frais, dans plus d'une dizaine d'heures douces, qui réparent et qui donnent le teint frais.
Mais tu as débarqué, avec toute la morgue de la dispute. Il fallait que tu règles des problèmes, des comptes, que tu parles, que tu tires au clair ce qui nous sépare, ce qui nous rapproche, ce qui fait que je te vois, que tu me vois, il fallait que tu parles du désir, de sa disparition, de son retour, de son départ, de son absence. Et j'ai accepté, car avec toi, je suis dans le renoncement, et je t'écoute en pensant à mon projet de sommeil qui s'étiole, qui s'évanouit, qui m'échappe, avec lui, le bonheur d'être seul.
L'envie de sentir l'air frais sur mon corps revient peu à peu, à mesure que la fièvre reflue, que la maladie part et que ma peau redevient caressable, touchable et visible.
Je suis allé sous la pluie, avenue de la République dans cette école de commerce où je n'étais pas allé depuis quinze ans. J'ai répété, sans vraiment y croire, dans ma tête déjà embrumée par les paroles que je devais prononcer, ces quinze années, qui résumées, semblaient si dérisoires. 
Dérisoires les routes dans les ruines à l'approche du soir, quand la lune tombe sur le calcaire et l'éclaire. Dérisoires, les chemins de promenade le long du Tigre, dans la touffeur de la ville qui attend la guerre. Dérisoires ces amours qui changent et qui demeurent ?