Diégèse  samedi 9 septembre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis levé tôt. Il fallait que je respecte l'objectif donné : rendre à mon allure une façon de faire et de bouger qui puisse me donner envie de marcher tranquillement dans la rue. 
Je suis allé chez le coiffeur. Je suis allé acheter des chaussures. Je suis allé me faire bronzer. Je suis allé chez le médecin. Je suis allé chez le marchand de vêtements. Je suis allé. Et soudain ma vie de ce samedi ressemble à un exercice de grammaire et c'est à peu près ça que j'avais programmé pour ce samedi, la grammaire de mon corps, celle de mon identité, celle de mes verbes irréguliers, de mes accords avant le sujet, si et seulement si
Le soir, je suis seul. C'est sans doute une des dernières fois que je suis seul dans ce jour-là. Je suis seul et me couche tôt, rattrapant en une seule fois le sommeil de tous ces jours.
Je me suis réveillé tôt, assez pour réveiller Js. qui partait pour New York ce matin et à qui j'avais prêté la chambre d'amis, celle peinte en bleu et qui donne au lit et à la lumière des allures de vacances.
Je suis resté seul ensuite dans le grand appartement blanc, à regarder les quelques œuvres achetées récemment, que je vendrai sans doute prochainement. J'ai descendu l'escalier jusque dans la cuisine. On avait apporté le lait frais et les agrumes étaient pressés. Js. n'a pas pu en profiter.
Je me suis acheté cet après-midi deux costumes que j'aime et quelques chemises, qui sont des chemises.
Tout un samedi de spot publicitaire, tout un samedi de rêveries. Je crois que je me souviens que pendant quelques minutes, j'ai pleuré sur le lit.