Diégèse  dimanche 10 septembre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis réveillé tôt, je me suis levé tôt, je suis sorti tôt, dans Paris, et même en dehors de Paris. Je suis rentré fatigué d'avoir fait ce sport, harassé de sueur et de pollution, mais heureux.
Je n'avais pas de message de toi. J'ai su ton secret dès que j'ai vu ton visage pour la première fois. Ton visage ne ment pas, il dit, encore plus que le mien, la souffrance, la peine, et ne me dis pas que tu ne souffres pas.
Comment sais-tu que tu me manques ?
Tu m'as appelé dans l'après-midi, tu voulais aller au Louvre, voir les Lions. J'ai proposé la grande galerie de l'évolution, à condition que l'on prenne des photos et que l'on aille enfin prendre le petit mur proustien, près de là où tu habitais. Mais c'est le matin qu'il faut le faire, si l'on veut la lumière.
Je ne me suis pas réveillé aussi tôt que je l'avais pensé, goûtant le sommeil, goûtant la vie douce de la fin de l'été, dans le lit, dans des draps neufs achetés la veille. Et puis je lis, sans bien savoir quoi, mais avec le plaisir de lire dans le lit, seul, avec une tasse de café, que j'apporte fumante et qui refroidit à mesure que le temps passe et que la matinée avance.
Je nettoie l'appartement. Je le nettoie avec application, m'appliquant à redonner à la cuisine une apparence de vie, comme un appartement que l'on habite et je manque d'aller chercher la voisine pour le lui faire visiter. 
Je sors dans le soir du dimanche. Je croise les patineurs et les patineuses qui recommencent leurs courses, après les vacances, vite, avant que le bronzage de leurs épaules ne les laisse.