Diégèse  lundi 11 septembre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'ai pris le train très tôt. J'avais choisi un bagage élégant mais qui n'est pas très adapté au train. Je le portais avec difficulté, raclant mes jambes alors que je me pressais, le sentant ballotter. C'est un sac que l'on peut prendre pour voyager en voiture. Il doit quitter l'appartement pour le coffre d'une automobile et il n'est même pas certain qu'il s'accommode d'une voiture à hayon, bref, ce n'est pas un sac pratique, ce n'est sans doute pas un sac pour moi.
Je suis arrivé à Lyon et, d'emblée, c'est la mémoire de la lumière que je célèbre. Elle est d'un jaune pâle, qui ne demande qu'à dorer. Quand j'arrive à l'hôtel, je m'aperçois que la fenêtre de la chambre ne donne sur aucune vue, que je ne suis presque pas à Lyon. Je me donne ainsi le luxe d'être là sans en voir les avantages et sans en avoir aucun.
Je suis installé pour deux jours à l'endroit où le premier film connu aurait été tourné. On nous montre quelques-uns de ces premiers films des Frères Lumière. Les noms résonnent. La sortie des ateliers, là-même où nous sommes ce soir. L'arrivée du train en gare de la Ciotat. D'autres encore, surtout ces fabuleux plans des trottoirs roulants de l'exposition universelle, qui donnent presque le tournis. Ces films sont comme des notules. On reçoit ces formats courts avec une intensité qui n'y était peut-être pas. Que dire quand on voit des épaules, une poitrine sous un vêtement, en poussière depuis longtemps, et dont le temps de nitrate nous dit encore la sensualité. Tu voulais me prendre la main, comme si tu espérais que je te laisse faire. Comme si tu espérais encore une réconciliation.