Diégèse  mardi 12 septembre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis resté un peu sur les images de la soirée, ces mouvements bizarres projetés dans le noir de l'atelier trop chaud, trop étouffant, trop guindé pour les sons sauvages que l'on avait apportés d'Angleterre. Puis il y a eu cette promenade dans Lyon le soir, la fatigue ajoutant à la bière froide pour donner un peu d'euphorie, un peu de tendresse à cette virée sans espoir. C'est la première fois que je vais à Lyon et que j'ai l'impression de ne pas la voir vraiment. Je répète, inlassablement, la vieille antienne magique. Deux fleuves : le Rhône masculin, la Saône, féminin. Je le répète sans y croire, comme quelqu'un qui a bu, qui ne croit plus.
J'ai dormi tard, manquant le début des débats aussi endormis que moi. Je suis rentré dans le train, luttant contre la crise d'angoisse. Arrivant en sueur chez moi, et sans y penser.
Quand je suis arrivé à la gare, il y avait de l'orage. Est-il décidé maintenant que, lorsque je dois quitter un lieu que j'aime, il y a de l'orage ? Mais il n'y avait pas d'arc en ciel. Rien que de la violence qui ajoutait à mon sommeil, à ma fatigue, à mon angoisse sans cesse renouvelée. 
Après le repas, l'espace d'une demi heure, je me suis endormi sous les frondaisons du parc, endormi, vraiment, un peu abruti de vin rouge, du peu de sommeil et de tous ces mots entendus, qu'il fallait que j'écoute, que je note, que je marque et qui étaient sans grand intérêt.
Arrivé le soir à Paris, je me suis rappelé que, encore, je n'avais pas tenu la promesse de photographier ce petit pan de mur jaune, que j'écoute, lui, avant de dormir, me dire que rien n'est joué
Tu ne me manques presque plus puisque je n'ai plus de corps.