Diégèse  jeudi 14 septembre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je commence la journée sur la table de verre à lire toutes ces lignes qui ne disent rien de bien intéressant, qui redondent, qui transpirent la bureaucratie. 
J'ai rendez-vous avec toi pour déjeuner, je ne sais pas quoi te dire. Tu ne vas pas me raconter une nouvelle fois ton voyage au Mozambique.
Tu me racontes autre chose. Je ne sais pas si je pourrai déjeuner avec toi tous les jours, à moins que tu voyages plus souvent, que tu changes tes robes et tes chaussures, que tu me racontes davantage de rues et de trottoirs, que tu me parles de l'air aussi et des odeurs.
Que fais-tu quand je ne te vois pas ? Peut-être voyages-tu, juste pour avoir le plaisir de me dire comment sont les trottoirs de toutes les villes du monde où je ne vais pas.
J'avais une chemise jaune, aujourd'hui, elle m'a aidé à oublier que tu n'étais pas là, que tu as toujours des photos à regarder, des amis à voir, des choses à faire, que tu n'oses pas me dire que tu n'as pas envie de me voir.
Tu me manques, sans doute comme on ne m'a pas manqué depuis longtemps. Tu es à l'image de toutes ces histoires, avec ce sourire que j'aime, avec ces mains que j'aime, avec ces bras que j'aime, avec cette voix que j'aime, avec cette absence qui ne se dit pas au téléphone.
Tu me manques.
Alors, je te parle, alors je te dis les mots de tous les jours.
J'avais une chemise jaune que tu n'auras pas vue. J'avais la tristesse des jours avec moi, sous la chemise jaune, mais tu ne l'as pas entendue.