Diégèse  lundi 18 septembre 2000


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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Toute la journée, j'ai entendu ta voix sur le répondeur de ton téléphone. Tu te rappelles sans doute le jour où tu m'as donné le numéro. Tu ne pensais pas que je l'utiliserais un jour et tu avais raison. Depuis, je connais mieux ta voix et tes attentes. Je connais mieux tes jeux et tes perversions. Ainsi, je sais mieux que toi que D. raconte à quelques amis que sa vie est perdue avec toi, que sa vie se gâche. 
Je suis rentré tard et je ne me souviens de rien de la journée blanche. Je me souviens seulement que tu conduisais un de ces nouveaux coupés Peugeot, avec des lunettes de soleil et que le chauffeur qui me menait sur la rive gauche a salué ton allure et que nous avons ri, et que j'aurais aimé t'embrasser vraiment.
On avait annoncé de la pluie. Je m'aperçois que j'attends l'automne avec impatience, avec volonté.
J'ai passé la journée dans les papiers et dans la poussière de papier. Sans parler au téléphone, sans parler presque, sans mystère, dans le fonctionnel de la fonction. Fonctionner, je fonctionne.
Je ne perçois aucune trace d'émotion. Je me demande quand je retrouverai un corps, quand je ressentirai de nouveau un peu de désir pour toi, ou pour qui viendra, qui passera, qui appellera, mais rien. La seule idée que l'on puisse me toucher m'effraie.
Tu n'as pas appelé aujourd'hui et ce n'est que dans mon sommeil, peut-être que j'apercevrai encore ta silhouette.