Diégèse  mercredi 20 septembre 2000


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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dans le grand salon doré, elle était là, tellement comme moi, souriante, mais pleurant sa liberté, désolée et tout d'un coup prête à se battre, frappant avec tact, puis pleurant encore, se disant que tout cela n'avait vraiment aucun sens.
Le soir, ce soir, nous avions rendez vous. Dans ce pantalon orange, que tu portais avec fierté, je n'ai pas reconnu ton dos, tes jambes, tes bras, et je n'ai pas reconnu nos conversations que tu savais auparavant mettre vers des tendresses que tu ignores maintenant.
Dans la pluie qui me menait vers notre rendez-vous, dans ce restaurant d'arrière-cour que tu affectionnes, je pensais à l'été, je pensais à ces corps que je m'étais donnés, qui s'étaient donnés, je pensais que cela ne reviendrait pas.
Nous avons dîné dans cet immeuble que j'appelle la maison bleue depuis qu'un soir, après avoir trop bu, sans doute, je m'en suis approché, croyant l'avoir vu bleuir sous mes yeux. Mais tu m'as dit ensuite que je m'étais trompé, que l'image n'était pas bleue, que ce n'étaient que mes yeux, bleus, qui donnaient de fatigue cette impression.
Pendant la journée, j'avais bien vu que tu tournais dans ta voiture au bas de l'immeuble et que tu faisais sonner, à chaque fois sous mes fenêtres, ce klaxon bizarre que tu nommes une trompe, pour que je le reconnaisse, pour que je sache que tu étais là, que tu arrivais de ta ville soudaine, qui me semble si loin, que je ne connaîtrai pas, pas avant longtemps.