Diégèse  vendredi 22 septembre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain




à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Nous avions rendez-vous pour le petit déjeuner. Tu m'as parlé de ta maison et du jardin surtout. Tu m'as parlé de la fenêtre ouverte sur le jardin, de la fenêtre qui donne du parfum de prés, d'herbe, de fleurs, de la montagne proche. Et je m'imagine me réveiller avec toi dans le frais de ta chambre, dans l'air de ce jardin donné.
Les chanteurs ont chanté pour toi, ce soir, dans les ors de Garnier qui me tombaient dessus, m'engloutissaient. J'ai pu rêver à tout autre chose sous les volutes de la musique et du chant. Le retour dans Paris était parisien. La ville s'était tapie toute la journée sans voitures et elles étaient revenues vengeresses. Dans la hâte de rentrer, je n'ai pas pensé à toi, à tes alcools puissants, à ce qui nous a lié. Je n'imaginais plus dormir avec toi dans le jardin de ta chambre.
Les ors du Palais Garnier étaient tous là, dans la foule, d'abord, je n'ai pas distingué ta présence, avec tous ces gens, qui ne me disaient rien. Nous avons rejoint la loge tendue de velours rouge. Il y avait un miroir et une tablette sur laquelle on pouvait sans doute auparavant poser quelques coupes ou un bouquet. Sur la porte, il était inscrit, loges louées.
Je suis rentré avec la horde de patineurs. Je les suivais, d'aussi près qu'il était possible, car leur rythme est rapide et saccadé de cris et de bruits. Je les ai laissés un peu plus loin. J'ai décidé de passer devant chez toi, de regarder s'il y avait encore de la lumière, te guetter quelques instants. Mais les fenêtres étaient noires et je me suis souvenu trop tard que tu étais à Venise.