Diégèse  lundi 25 septembre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le mal de crâne ne s'est dissipé qu'avec le soir. De l'alcool bu la veille, de la conversation vengeresse, des rêves confus qui m'ont habité pendant la nuit, je ne savais plus ce qui me donnait cette impression idiote d'être sans rien, sans toi, sans lendemain. Je suivais le cours du désir.
Je me suis appliqué tout le jour à n'en rien laisser paraître et j'ai réussi moi même à oublier qui j'étais, et comment je souffre. 
Ce soir, le spectacle du Centre Pompidou avait attiré tout ce que Paris compte de jeunesse entreprenante, de personnalités décidées à voir, à être vues. Je me promenais loin de toi, pensant aux photographies que j'aurais pu prendre
Je ne sais rien du sommeil qui m'enlèvera tout à l'heure, dans l'oubli.
J'ai reçu un appel très angoissé de Ch., inquiet plus qu'il ne le devrait de la santé de Fr. Je n'ai pas pu le rassurer cependant. Les symptômes qu'il me décrit au téléphone sont patents. Délire de persécution, rendu encore plus puissant par la mégalomanie qui l'a toujours animé. Perte du jugement. Il reconnaît à peine les siens. L'œil, autrefois vif, est bouleversé, poché presque à force d'insomnies et de stupéfaction narcissique. Il s'agit bien d'un double mystère. Le premier, ancien déjà, réside dans la question du pourquoi. Le deuxième, aussi. Mais pourquoi n'avons-nous rien tenté, les uns et les autres, quand il était peut-être encore temps, pour le sauver de la folie méchante ?
A Beaubourg, j'ai cru te reconnaître avec une robe jaune. J'ai fondu.