Diégèse  mardi 26 septembre 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'ai pris le train tôt dans la poussière d'électricité de la gare de Lyon. Je devais rejoindre Avignon pour voir de nouvelles images et écouter de nouvelles musiques. Le temps s'est déroulé dans le résultat de toutes les passions innovantes qui nous avaient conduits là. 
Nous avons déjeuné sur le pont, que je n'avais encore jamais regardé si longtemps. J'ai scruté le Rhône, me demandant si le fleuve gardait en mémoire tous les bals et toutes les fêtes, toutes les mules du Pape et le goût d'essence rouge des années soixante, des vacances dans des voitures qui donnaient mal au cœur. 
Le soir, tu m'attendais à la gare. Ce soir, tu étais en rouge et tu avais mis ce drôle de chapeau que tu portes quand tu caches tes pudeurs et tes désirs. Remontant la main, plus tard, le long de tes jambes, je me suis rappelé l'hiver des bas résille et des gants noirs.
En Avignon aussi, je me suis posé la question du rôle particulier de la couleur jaune, comme au long de cette promenade qui m'a conduit à remonter le canal de l'Ourcq. Il y a dans l'intervention du jaune dans la ville une préméditation que je ne saurais décrire précisément mais dont je ressens, encore dans la plus grande confusion, qu'elle donne de l'émotion, et pas de sens
Je portais aujourd'hui une chemise jaune, sans cravate, promenant en quelque sorte ma propre intervention colorée dans la ville de Provence torturée par trop de culture, trop de discours et trop d'intelligence. J'ai porté une touche graphique, me dessinant moi même comme un homme en chemise jaune dans la ville de murailles.
Et dans le jaune d'une pancarte, d'un mur ou d'une enseigne, dans le jaune d'un décor ou d'une œuvre, c'était donc jaune contre jaune et à qui perd gagne.