Diégèse  jeudi 28 septembre 2000


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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dès le matin, il a fallu que je supporte les soliloques riches d'une femme riche qui me voulait du bien. Je tenais tellement à partir vite que j'en ai oublié mon écharpe au café. Le premier matin que je portais cette écharpe bleue acheté au Maroc, découpée sur mesure, en utilisant mon arabe oriental pour déjouer le fait de ne pas comprendre bien le marocain. 
Je tenais beaucoup à cette écharpe un peu rêche, dans laquelle je faisais semblant parfois de me cacher, comme dans l'adolescence du lycée, dans les écharpes de C. ou d'E., les fins d'après midi dans le calme de leurs maisons pleines de souvenirs, de poupées de porcelaine, de vieux meubles et de leur parfum de jeune fille, femmes déjà. Encore maintenant, leur parfum me frappe dans les rues, autour de la gare Saint Lazare, comme quand nous nous promenions.
Le café du matin était ombré par la pluie qui descendait le long des stores lie de vin et tu regardais la tasse de thé au lait que tu avais demandée, sans oser me regarder dans les yeux pour me dire que tu ne voulais plus de ces rencontres matinales.
Je ne sais pas s'il s'agit de fatigue ou de détresse. On racontera longtemps l'histoire de ces semaines au réveil si tôt qu'il fallait, les yeux embués encore, t'attendre dans le café en face de chez moi. Tu arrivais de ta banlieue, garais la voiture devant la terrasse. C'était l'été. Nous parlions, parfois je te prenais la main. Tu lui avais promis que tu ne viendrais pas chez moi, que tu ne recommencerais pas le jeu des corps à corps et nous parlions. Peu à peu, tes visites me donnaient le désir fou de toi. Tu ne viendras plus prendre ce thé avec moi, me donner l'idée de la douceur.