Diégèse  vendredi 29 septembre 2000


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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Tu m'avais invité à déjeuner au Louvre, comme le jour de ton anniversaire, mais sans boire de champagne, en trempant juste nos lèvres dans le même verre de vin blanc, fumé, avec quelques toasts de formage blanc frais.
Tu m'as raconté que tu avais envie de partir à Venise, sans autre but que de faire un voyage commun et que les images de la ville, fortes à force d'être faibles t'emmènent dans leurs brumes convenues.
Je n'irai pas à Venise avec toi. Je n'en ai plus le courage, sinon le désir. Je pourrais cependant supporter encore le petit aéroport bondé de monde, ouvert sur les pistes d'envol et la lagune proche. Je voudrais aller à l'automne, dans des maisons de pierre, le Périgord, la Dordogne, l'Auvergne.
Toute la journée, la fatigue a monté dans mon corps comme une marée, comme goutte après goutte, on remplit une vasque. La brume de ma tête me disait d'arrêter de manier ces papiers et de lire ces mots dont je ne comprenais rien d'autre que leur capacité à me fatiguer davantage. Je suis rentré dans les rues pleines du monde du vendredi soir, une casquette de tweed vissée sur le crâne, regardant ahuri les promeneurs et les fêtards. Tout buveur de bière à la terrasse d'un café froid me paraissait pris dans une sarabande de plaisirs inouïs
Mais dans le creux de l'appartement désert, les forces me sont revenues, détente après détente, mouvement après mouvement, rire après rire au téléphone doux, et je m'endormirai tout à l'heure calme et reposé, prêt à affronter des rêves gymniques et ensoleillés.