Diégèse  lundi 29 janvier 2001


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2001




hier  
L'atelier du texte demain






Comme le temps passe : 2001 = 2000 + 1
Je ne sais pas où je suis allé chercher cette sombre histoire de bagues. Mais elle est assez juste. F. n'en portait pas, n'en avait pas, je crois, n'en voulait pas, y aurait mis des symboles impossibles, du destin en or ou en argent mêlés, des reflets prompts aux maléfices
Je passe souvent devant la boutique de bagues celtes et la vendeuse rousse, perdue dans son encens, se donne volontiers des airs de fée Morgane. Elle est comme ses bagues et l'on n'y croit pas vraiment, mais on s'arrête pourtant pour regarder si cette fois, il n'y a pas la bague promise, qui serait posée làTu es dans cette histoire, unique et multiple, m'adressant à toi sans jamais te convaincre, sans jamais accepter de réponse à ce monologue amoureux qui ne te convaincra jamais et qui ne te dira jamais rien d'autre que cette impression de solitude lasse.

Je suis sorti de la lassitude comme après un bain trop chaud, une étuve, un désert abrupt. Une fatigue d'une qualité nouvelle, en écharpe, j'ai marché un moment dans le parc avant d'aller travailler, de feindre l'ignorance ou la connaissance selon les cas, dans l'intérêt de l'instant, dans la certitude de ton pouls qui me manque, de ton désir qui me manque aussi, plus que jamais à ce corps qui m'a abandonné un temps et qui pourra revenir un soir, une nuit, dans le secret.
Tu ne me rappelles plus, comme si tu avais perdu les numéros de téléphone que je t'ai laissés patiemment. Tu ne connais plus les codes de l'immeuble. Tu n'as plus la clé de l'appartement. Tu ne te rappelles plus exactement l'adresse, la couleur des murs, encore moins les odeurs de la cage d'escalier. Tu ne sais plus rien de toi dans cet amour. Tu ne sais plus rien de moi qui suis resté.
 













2000