Diégèse  dimanche 6 mai 2001


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2001




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Comme le temps passe : 2001 = 2000 + 1
Nous aurions fait l'amour l'année dernière, je crois me le rappeler, comme tu savais alors le faire, avec tout ton corps et ta volonté pour marquer le plaisir, pour le faire tournoyer malgré sa lourdeur, l'épaisseur de ses désirs. J'en sortais épuisé, impatient de sortir, d'imaginer une autre vie où cela ne se passerait pas de cette façon presque brutale, commandée, abrutie.
Je ne me rappelle vraiment rien d'autre que ton regard amusé, quand tu tournes la tête et que tu me vois, angoissé à l'idée de devoir encore se dénuder et partir dans des exercices vite fastidieux, contrôlés, abasourdis.
Le temps passe. Seule la marche ensuite vers la place de la Bastille pouvait encore paraître légère.

Cette année, les amitiés se donnent davantage à lire, à voir, à toucher, à rire et l'amour vient de surcroît, après beaucoup de baisers tendres et de sourires et de rires et l'envie de te voir et l'envie, le désir aussi comme une absence, comme toute l'absence marquée.
Tu me dis que tu n'as pas envie d'entendre ces histoires où le temps marche sur la tête et pourrait faire oublier que nous ne nous voyons plus, pas assez, pas assez souvent, comme une musique interrompue, absolument tremblée comme une voix mal assurée, délicate.
Je ne vois plus les images à travers tes yeux et tu m'abandonnes sans trouble dans ma vision.
Je ne connais que tes mots doux.
J'ignore encore.
 












2000