Diégèse  vendredi 23 mars 2001


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2001




hier  
L'atelier du texte demain






Comme le temps passe : 2001 = 2000 + 1
C'était un faux voyage, une fausse idée de voyage, une fausse prédiction pour un voyage dans une ville fausse, posée malhabile sur l'eau et les planchers se défont et le sol penche indocile. Mais je ne suis pas arrivé à Venise ce soir-là et je ne savais pas quand j'y arriverais. Je ne me souviens seulement que du retour de l'aéroport, je ne pouvais pas te joindre, que tu te perdais dans le jeu de t'éloigner de moi encore davantage et de ne rien dire, et de ne plus pleurer parce que je t'oubliais. Je ne t'oubliais pas et Venise me disait que tu étais là. Comme rien (c'est une oeuvre de l'artiste Richard Baquié, défigurée par la photographie maladroite qui dit la douleur de la séparation) On a enlevé aujourd'hui les tableaux avec lesquels je vivais depuis plusieurs mois et la citadelle de rêve un peu inquiétante est partie dans une exposition, un musée chancelant qui voulait l'exposer. Le musée donnera-t-il l'idée de tous les mots que le tableau a entendus. La photographie est-elle marquée doucement par toutes les peurs et tes mots lorsque tu me rejoins le soir dans ce bureau imbécile. Tu pars aussi et tu laisses des traces un peu sales sur un blanc déjà défraîchi, déjà opaque par tant de déconvenues. Je ne me souviendrai de toi que sous la forme d'une émotion brute qui donnait ton image aux souvenirs, en pâture, en désert et en désespoir. Tu es mort.
 










2000