Diégèse  lundi 22 avril 2002


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Quittant Madras, écœuré de couleurs et du jaune dans la tête pour jusqu'à la fin des jours, j'arrive à Hyderabad dans cet état d'épuisement qui me prend sans que je sache toujours pourquoi : une plus forte chaleur, trop de sollicitations. J'ai rêvé cette nuit que mon téléphone sonnait de cette sonnerie que j'ai attribué à tes appels et dès lors, j'ai pensé que, de France, tu maudissais l'inutilité de ce voyage. Tu te souviens lorsque nous nous sommes embrassés et que tu disais que tu n'avais pas de désir. Quoi qu'il en soit, c'est bien une affaire d'amour.
Hyderabad : l'alliance des lettres qui composent le mot me laisse imaginer qu'il y aura trop de quelque chose, de tout. Une hystérie humide, une mousson dégingandée. J'ai pris le Madras Express et le seul nom suffit à toute évocation. Hyderabad sera l'étape proustienne des noms de lieux. Hyderabad évoque l'Inde classique, quand, dans un orient baigné, l'Inde et la Turquie se confondaient à l'Occident dans une débauche de contes et de nouvelles manières. 
Je voulais me promener vers les tombes des rois de Golconde, remettant dans mes yeux, sur la pierre et le stuc, les faïences bleues qui ont été volées.
J'avais décidé de rester plusieurs jours à Hyderabad. Je pouvais t'y téléphoner facilement, je pouvais y faire réparer la voiture. Je peux y rêver tout le jour en marchant dans la ville, seul, à mesurer à chaque pas combien Pasolini tombe juste dans ses remarques et ne parvenant cependant pas à le suivre jusqu'au bout. J'ignore les mendiants, je refuse les services qui me sont proposés. J'aimerais rentrer vite, écrire ces quelques lignes et dormir. Heureusement, je suis à l'abri des festivités et j'espère ne pas être rattrapé.
 









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