Diégèse  mercredi 9 janvier 2002


ce travail est commencé depuis 740 jours et son auteur est en vie depuis 15193 jours (15193 = nombre premier)
2002

ce qui représente 4,8707% de la vie de l'auteur

hier  
L'atelier du texte demain




J'ai enfin attrapé la grippe qui court dans les couloirs de la Villa, qui s'excuse aux éternuements de qui l'on croise, qui tousse et rend fiévreux et s'épuise. Ma pâleur pourrait inquiéter et les yeux se voilent, sombres soudain, repoussés à l'intérieur du crâne. Je reste dans le studio qui m'est prêté, gardant quelques livres près de moi, sans les ouvrir, allongé essoufflé dans une flaccidité éperdue. Cependant, la maladie peut parfois apaiser. Elle calme le désir car le corps s'endort seul et ne réclame rien. L'odeur qu'il secrète est repoussante même à soi. On n'ose imaginer son haleine. Personne ne m'aime assez pour que j'accepte une visite ces jours là. Je me rappelle les jours de visite. On nous apprêtait un peu, enfants malades maltraités et choyés aussi dans le grand hôpital, et les douches en commun, les odeurs de médicament, toutes les odeurs. J'inventais des tuberculoses et d'autres maladies pour oublier ce rejet et tout le désir du monde. On nous apprêtait, un coup de peigne et les cheveux plaqués sur le bord du crâne pour accrocher les sourires, oublier la pauvre nourriture. Je ne me souviens de rien d'autre, vraiment et sans insister, je continuerais à me plaindre, sans contrainte, juste un petit gémissement encore, un chuintement presque évanoui, distant.
 



















2001 2000