Diégèse  jeudi 24 janvier 2002


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2002




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L'atelier du texte demain




The picture shows a waste water treatment plant in Turin, one of the more than thousand NOPOL® installations around the world. Operated Aux alentours du Castello, je vois soudain le visage de Pierre Bourdieu, apparition politique, nique au Saint Suaire, sur un journal encrassé, à deux pas de Gênes, et le bruit de la ville entre tout à coup par ce visage ouvert, cette vie fermée. Le petit verre de rhum, au comptoir du café Baratti, pour s'imaginer plus loin, ailleurs encore et promettre de rejoindre le Sud. Depuis le départ de Paris, toutes ces journées qui font tourner le désir, qui le font cailler. Ce sont ces journées qui vieillissent. Je suis sorti du café, le froid est entré dans mes poumons et les a resserrés alors que je fredonnais les airs de vengeance et d'amour de la cantate Lucrezia. Elle est là, je peux la choisir, la remettre dans ma tête, l'espace d'un matin, moins peut-être, et la traîner comme une rengaine douce, en atténuer les effets, la dissoudre, comme une pastille de souvenir et d'images dans le flou de mes jours. Déjeuner et dîner de restaurants, j'en suis fatigué. Mais la nourriture est bonne. Je travaille. Toute la journée, voué à la mémoire, aux émois enflammés des lectures de Bourdieu qui pouvaient me projeter sur des barricades, la fatigue a empesé mes gestes et mes pensées. J'ai traversé la ville rabâchant mon amour et la crainte que j'éprouve de te perdre car tu te perds, ne sachant plus vraiment de quoi il s'agissait.








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