Diégèse  samedi 11 janvier 2003


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MONTAGE 1
C'est un dimanche de début de siècle, qu'ils célèbrent de toute la dévastation de l'amour et leur corps marque toutes les tempêtes, l'Atlantique les éclaire. Les veines de leur cou dessinent l'émotion des méandres du Tage, mer de paille toute affriolée. Ils ont pensé à leurs corps, debout, nus, l'un en face de l'autre et à la stridence légère du désir bleuté après le sommeil. 
Le réveil avec le premier tram, un rite de clochettes et de grincements, pour eux, quand leur vie lasse le jour. Combien d'Electrico sont déjà passés ce matin dans l'immobilité sourde de l'été ? Juste un petit voyage pour adoucir les symptômes du manque, vers le nord, vers l'hiver, plus avant, se donner quelques impressions de froid, de villes endormies traversées doucement dans un électrico dérouté qui rejoindrait les lignes ferroviaires internationales. Les enfants applaudiraient le passage dans les gares pavoisées de la machine folle. L'enfance est contiguë au voyage. Les enfants ne seraient pas étonnés. 
La rumeur du marché sur la place lui confirme que ce serait une fête et les marchands l'acclament.
Il n'oubliera jamais le fantôme de ce temps-là. Ce corps qui vieillit et dont il est dit, le soir, tous les soirs, chaque fois qu'il croise un miroir et même en pleine journée parfois, qu'il n'a jamais vraiment été assoupli à la chair de l'autre, pas assez frotté sans doute. Il laisse venir à lui les couleurs du réveil. Le rideau devant la fenêtre pourrait se broder de fils colorés, revenir en furie, marteler sa raison et jamais, qu'il le sache, le corps ne pourrait se faire oublier.
Il ne touche plus souvent sa peau mais son amour lui impose pourtant de détester les autres peaux, de ne jamais plus imaginer mêler la sueur à de la sueur, de renvoyer plus loin une caresse, un baiser, cet un peu de soi qu'il pourrait perdre. Et les lèvres sèches, et la peau du cou qui devient fine et les yeux qui se cernent et la tendresse qui joue au souvenir dans les caresses parcheminées.
Elle regarde les câbles de l'Electrico par la fenêtre. Elle lui dit qu'un jour, elle marchera sur les câbles, dans le faisceau d'une poursuite de théâtre.
 








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