Diégèse  lundi 12 janvier 2004


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Les Méditations métaphysiques de Descartes
D'une certaine façon, un commentaire (libre) de Descartes
Je suppose donc que tout ce que je vois est faux, je crois que rien n'a jamais existé de ce que me représente la mémoire menteuse, je n'ai pas de sens du tout ; corps, figure, étendue, mouvement et lieu sont des chimères. Qu'est-ce donc qui sera vrai ? Une seule chose peut-être : il n'y a rien de certain.
Mais d'où sais-je qu'il n'y a pas quelque chose de différent de tout ce que je viens de recenser, quelque chose dont il n'y ait pas même la plus petite occasion de douter ? N'y a-t-il pas quelque Dieu, ou peu importe le nom dont je l'appelle, qui met en moi ces pensées mêmes ? Mais pourquoi le croirai-je, alors que moi-même, peut-être, je pourrais en être l'auteur ? Ne suis-je donc pas moi, à tout le moins, quelque chose ? Mais j'ai déjà dit n'avoir aucun sens ni aucun corps. J'hésite pourtant, car que s'ensuit-il ? Suis-je tellement attaché au corps et aux sens que je ne puisse être sans eux ? Mais je me suis persuadé qu'il n'y avait absolument rien dans le monde, ni ciel, ni terre, ni esprits, ni corps ; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n'étais pas ? Mais non ! J'étais, moi, en tout cas, si je me suis persuadé quelque chose.
Descartes patine. Effet de style encore, le texte se fait gouffre, vide, l'idée que tout est faux entraînant la pensée même en tourbillons ou en volutes.
Pour autant, j'existe aussi parce que je peux imaginer que je pourrais ne pas exister. Le recours à la fiction, à sa propre fiction, ou à sa propre fiction absente du monde, accompagne le réel incertain.
Je ne me persuade de rien, ni même que je suis attaché à tout ce corps, à ces mains qui vieillissent et dont le vieillissement même leurre l'esprit qui ne vieillit pas, qui se rassemble encore pour faire danser le corps, alors que tout occupé à se persuader que le corps n'existe pas, il devrait lâcher prise, enfin, laisser les mains vieillir sans contrainte, sans les enduire de crème, sans que rien soit au monde autre que le monde, l'esprit du monde.
Et puis rien !
Mais non ! Je suis, moi, en tout cas, si je ne me persuade de rien.
 







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