Diégèse  vendredi 30 janvier 2004


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Les Méditations métaphysiques de Descartes
D'une certaine façon, un commentaire (libre) de Descartes
Considérons les choses dont on croit communément qu'elles sont de toutes les plus distinctement comprises : les corps bien entendu, que nous touchons, que nous voyons, non certes les corps en général, car ces perceptions génériques sont d'ordinaire passablement plus confuses, mais un corps en particulier. Prenons par exemple cette cire : elle vient juste d'être sortie de la ruche, elle n'a pas encore perdu toute la saveur de son miel, elle retient quelque chose de l'odeur des fleurs d'où elle a été recueillie ; sa couleur, sa figure, sa grandeur sont manifestes ; elle est dure, elle est froide, il est facile de la toucher et, si on la frappe du doigt, elle émettra un son. Bref, tout s'y trouve de ce qui semble requis pour qu'un corps soit connu le plus distinctement possible. Juste un instant, un peu de flou dans la lecture, et Descartes devient sensuel. Mais c'est aussi très sensuel la cire, le miel, les fleurs, et tout un champ d'été et de bourdonnements, le soleil et la chaleur, dans la vérité de leur sensation. Et le grain d'une peau, et une odeur complice, et une voix qui chantonne à l'été. Quand bien même la cire va fondre, approchée par une main d'une flamme - j'ai lu un peu plus loin le texte de Descartes - et quand bien même la cire humaine va fondre aussi, peu importe la vie s'il faut donner un instant de chaleur dans un champ fleuri, le bourdonnement des abeilles et ma main qui s'approche de ton cou, et le mouvement d'abandon au baiser, et l'enfouissement de ma tête au creux de l'épaule et tout cela est distinctement connu.
 













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