Diégèse  samedi 22 mai 2004


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2004

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Les Méditations métaphysiques de Descartes
D'une certaine façon, un commentaire (libre) de Descartes
Et il n'est certes pas étonnant que Dieu, en me créant, ait mis en moi cette idée, pour qu'elle fût la marque de l'artisan empreinte sur son ouvrage et il n'est pas non plus nécessaire que cette marque soit quelque chose de différent de l'ouvrage même, mais de cela seul que Dieu m'a créé il est fort croyable que j'ai été fait en quelque façon à son image et à sa ressemblance, et que je perçois cette ressemblance dans laquelle est contenue l'idée de Dieu, par la même faculté par laquelle je me perçois moi-même, c'est-à-dire que, lorsque je retourne sur moi-même le regard de l'esprit, non seulement je connais que je suis une chose incomplète et dépendant d'autrui, une chose qui aspire indéfiniment à toujours plus et à toujours mieux, mais en même temps je connais aussi que celui dont je dépends possède en soi tout ce plus, non pas indéfiniment et en puissance seulement, mais en effet infiniment, et ainsi qu'il est Dieu. Cette idée de ressemblance accrédite ma thèse selon laquelle l'idée de Dieu n'est peut-être qu'une extension de l'idée de moi-même et que je peux penser Dieu puisque je peux me penser. Mais alors, qu'en est-il des délires mystiques des personnes qui ont perdu la raison ? Si je peux encore penser Dieu alors que je ne parviens plus à me penser, est-ce une preuve de l'existence de Dieu ou une réfutation ? Cependant, je trouve l'idée de l'empreinte de Dieu en moi, comme marque de fabrique, une jolie idée, reprise à l'envers je crois dans le film Rosemary's baby, où l'enfant porte la marque du diable. Mais Descartes ne dit rien du diable. Celui-ci pourtant peut aussi s'extrapoler à partir de l'idée de moi même et je peux me penser et penser Dieu et penser le diable, extensions de mes défauts et de mes qualités dans une perspective prolongée à l'infini. Cela ne prouve cependant ni l'existence de l'un, ni l'existence de l'autre, et peut aussi mettre en péril l'idée même que j'ai de moi.
 










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