Diégèse  mardi 9 novembre 2004


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Les Méditations métaphysiques de Descartes
D'une certaine façon, un commentaire (libre) de Descartes
Et de même qu'une horloge, faite de roues et de poids, n'observe pas moins exactement toutes les lois de la nature, lorsqu'elle a été mal fabriquée et n'indique pas correctement l'heure, que lorsqu'elle satisfait en tous points au désir de l'artisan, de même si je considère le corps de l'homme en tant qu'il est une certaine machine composée d'os, de nerfs, de muscles, de veines, de sang et de peaux, et agencée de telle sorte que, même s'il n'existait en lui aucun esprit, il aurait pourtant tous les mouvements qui à présent en lui ne procèdent pas du commandement de la volonté ni par conséquent de l'esprit, je reconnais sans peine qu'il lui serait aussi naturel, s'il était par exemple hydropique, de subir cette sécheresse de la gorge qui met ordinairement en l'esprit la sensation de soif, et d'avoir aussi les nerfs et le reste du corps disposés de telle sorte qu'il prenne la boisson qui aggrave la maladie, qu'il lui est naturel, lorsqu'il n'y a pas en lui un tel vice, d'être porté par une semblable sécheresse de la gorge à prendre une boisson qui lui est utile. Mais c'est aussi l'esprit qui nous pousse à prendre cette boisson qui pourtant  va nous faire du mal et ce même esprit qui, appréciant parfois le mal que cette boisson peut nous faire, l'accepte et, davantage, la désire. Quant au corps sans l'esprit, dans sa rigidité naturelle, il ne sait même pas ce qu'il est, il ne se représente rien de lui même et c'est seulement le regard et le toucher d'une autre chose pensante, d'un autre esprit et d'un autre désir qui va parfois lui donner quelques indications, toujours fausses cependant, sur ce qu'il est, ce qu'il n'est pas, ce qu'il désire ou ce qu'il ne désire pas, ce qui en lui provoque le désir, le dégoût ou l'indifférence.
Le corps est esprit, le message du Christ, par l'incarnation, nous enseigne que nous sommes, après Isaac, les brebis de Dieu, en corps et en esprit et que ce qui blesse le corps blesse aussi l'esprit. Mais alors, le péché de chair n'existe que s'il est péché contre l'esprit. Mais le péché contre l'esprit peut aussi être un péché de chair. À bien y regarder, tout péché est un péché de chair et quand j'insulte ou je blasphème, mon corps participe à l'insulte, se froissant, se raidissant, sans qu'il soit jamais possible d'échapper à cette osmose primordiale.
 








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