Diégèse  dimanche 6 novembre 2005


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Le mépris. Il s'agirait de lutter contre le mépris, de réagir, de réagir contre le mépris qui suinte parfois des dépêches d'agence, des dépêches légères, des dépêches anecdotiques qui sont livrées pour détendre, pour reposer d'une actualité qui brûle, d'une actualité brûlante, sérieuse.

C'est moi ou les chiens: une Iranienne traîne son mari en justice A.F.P. 05.11.05 | 12h43 

Une Iranienne a décidé de traîner son mari en justice pour qu'il choisisse entre ses vingt chiens et elle, a rapporté samedi le quotidien gouvernemental Iran. La plaignante ne demande pas le divorce, mais réclame de vivre loin de son mari parce qu'elle ne supporte pas la promiscuité avec ses 20 chiens, indique le journal.
Or son mari refuse de se séparer de ses chiens comme de sa femme.
L'affaire sort du commun iranien. Il n'est pas rare qu'une femme intente une action en justice contre son mari. Mais cela l'est bien davantage à cause d'un chien, a fortiori vingt.
Les chiens sont en effet considérés comme des animaux impurs. Les chiens errants peuvent ainsi être traités avec sauvagerie. Ce qui n'empêche pas un nombre croissant d'Iraniens de prendre un canidé, de race de préférence, pour animal de compagnie.


Puisque c'est dimanche, on peut prendre le temps, un peu de temps, juste un peu pour remarquer que sans y penser, presque sans y penser, on nous informe qu'en Iran, les chiens errants sont traités avec sauvagerie. On peut supposer que cela signifie que les hordes de chiens errants sont abattues et l'on peut même penser qu'une horde de chiens errants peut être dangereuse. Doit-on comprendre alors que cet abattage ne peut être que sauvage parce que ces "gens-là" sont sauvages... Quant au nombre croissant d'Iraniens qui ont un chien, on pourra espérer que l'information se fonde sur une étude et non sur le nombre d'Iraniens, urbains, bourgeois, rencontrés par le journaliste et qui ont un chien. On doutera cependant que la possession d'un chien de race se développe ailleurs que dans la bourgeoisie iranienne de Téhéran.


Ainsi la mondanité du journaliste efface l'information, masque ce qui pourrait constituer une information pour ceux qui ne voient dans l'Iran qu'une menace, ce qui devrait être l'information principale pour ceux qui ne voient dans l'Islam qu'une religion d'oppression. L'information, ce serait : dans une République islamique, une femme peut intenter un procès contre son mari. Cela aurait été un début, un  petit début d'une information. Cela n'aura été qu'un ricanement méprisant. Il s'agit donc bien de lutter contre le mépris.







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