Diégèse  lundi 3 avril 2006


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2006

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L'atelier du texte demain




avant le texte
le texteaprès le texte
Il y aurait le printemps, puisque c'est avril, puisque c'est le mois d'avril, puisque c'est le printemps. Mais comment faire venir le printemps dans un texte ? Est-ce que les personnages doivent parler du printemps ? Est-ce que les personnages portent des costumes printaniers ? Est-ce que le texte n'est lisible qu'au printemps ? Est-ce qu'il faut inventer des clauses spécifiques au contrat de lecture qui préciseraient que le texte ne peut être lu qu'au printemps ? Mais je vois que le printemps,  je vois déjà que le printemps est la saison des questions, la saison du questionnement.
Et je ne sais pas ce que vont faire, ce que vont dire les personnages.
Gustav : vous rappelez-vous ? Est-ce que vous vous rappelez ? Est-ce que vous vous rappelez l'enfance ? Est-ce que vous vous rappelez le début ? Et encore, le début, on ne sait pas très bien ce qu'il est, même le début, on ne le connaît pas vraiment, vous ne le connaissez pas vraiment. Et vous voudriez connaître la fin... Le début, au début, il y avait Mathieu sur le canapé et j'étais derrière le canapé, et vous me voyiez de dos, vous voyiez mon dos et c'est à dire que vous voyiez mes fesses, et c'est ce que l'on pourrait supposer être le début. Pourtant, avant ce début, avant cela, il doit bien y avoir une explication qui pose Mathieu sur le canapé et me met de dos. Je suis en train de faire quelque chose, je dois bien être en train de faire quelque chose. Ce n'est donc pas le début. Cela ne peut pas être le début. Cela ne peut pas être le début et cela ne peut pas être la fin. C'est juste le texte, juste le texte qui file du texte, des phrases, des phrases et des phrases
C'est le moment pénible où les personnages comprennent qu'ils sont enfermés, qu'ils sont fixés là et qu'il va falloir qu'ils nouent puis dénouent quelque chose, quelque chose qui ressemble à une histoire, quelque chose qui puisse susciter de l'intérêt, car ils sont là, ils sont fixés là et seule un début et une fin pourrait les libérer, leur permettre un ailleurs. Alors les personnages s'angoissent, étouffent, font des crises de tétanie. Ce n'est pas grave. Il faut juste que ça passe.





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La vie de la nuit continue. Un printemps plus riant. Dégradé. L'absence même de cette présence indécise. Les journées restent blanches. Il ne se passe que toi, là, toujours.