Diégèse  vendredi 17 février 2006


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Peut-être que ce soupçon de rêve, juste ce soupçon de rêve, c'est ce qui définit l'ailleurs. C'est banal. C'est commun. Et puis ? Ailleurs, aller ailleurs, aller un peu ailleurs, pour croire un instant que le temps ne se défile pas sans cesse, ne se défile pas devant le rêve, ne se défile pas devant l'instant où l'on se souvient de son rêve, où l'on voudrait ne pas avoir vendu son rêve, ne pas l'avoir jeté. Et puis il y a des instants qui rejoignent le rêve, subreptices, sans que l'on sache ce qui fait que l'on sent ensuite, après ces instants, que l'on sent que l'on est à soi même plus familier et plus connu. Le collage de ces instants fait justement un collage de souvenirs, un récolement. Quel serait le barycentre de tous ces instants accolés, abouchés, ces instants au bord de l'évanouissement ? A. J'arrête. Je dois arrêter. Qu'est-ce que je dois arrêter ? Qu'est-ce que je devrais arrêter ? Je devrais arrêter de collecter pour toi des instants, de les coller, de les mettre bout à bout et de leur donner l'apparence du rêve. Je devrais arrêter de provoquer ton souvenir. Souviens-toi, rappelle-toi ou rappelle à toi quelques-uns de ces instants où tu étais ailleurs, où tu étais vraiment ailleurs, là où le temps ne défile plus, où le temps ne fait plus la cohorte. 

B. Arrête.


A. J'arrête. C'est ce que tu lui as demandé aussi. C'est ce qu'elle t'a demandé aussi. C'est ce qu'il t'a demandé aussi. C'est ce que je t'ai demandé aussi. C'est ce que te demande toute la conjugaison, toute la conjugaison des pronoms, à tous les genres et à tous les nombres et c'est ce qui t'est demandé aussi, à la forme active et à la forme passive. Arrête.
Je ne suis pas certain que cela me calme, que cela me rassure, que cela m'apaise, que cela me plaît quand les personnages entament une dispute, peut-être parce que je suis jaloux parce qu'alors, ils se rapprochent, ils se rapprochent l'un de l'autre, leur dispute les rapproche et quand ils se rapprochent il m'est beaucoup plus difficile de les approcher car, souvent, je ne peux les approcher que lorsque je me glisse entre les deux. Cette image est une image tellement freudienne que j'en souris, et c'est cette image freudienne, qui me fait sourire, qui me calme, qui me rassure, qui m'apaise et soudain cela me plaît quand les personnages entament une dispute, peut-être parce que je ne suis plus jaloux et que je peux les séparer, leur demander de se séparer. Mais c'est une autre image freudienne. J'arrête.




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Et puis je me souviens de mon rêve et j'arrête d'écrire. Je tâcherai de me rendre moi-même peu à peu plus connu et plus familier à moi-même. Le mot est juste. Croire un instant que le temps ne se défile pas sans cesse. Ce soupçon de rêve. Quand je suis arrivé.