Diégèse  mercredi 22 février 2006


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2006

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avant le texte
le texteaprès le texte
Comment faire surgir dans le texte la bêtise des commentaires de l'actualité, de l'actualité la plus tragique, de l'actualité la plus terrible, de l'actualité commentée, commentée et exploitée ? Comment faire surgir cela alors que le texte a pris une autre direction, semble avoir pris une autre direction ? Cependant, est-ce qu'il faut ne rien dire ? Est-ce qu'il ne faut plus rien dire ? Est-ce qu'il ne faudrait pas que les personnages s'en mêlent, s'en mêlent un peu, fassent un peu de politique, expriment une opinion sur le monde, sur les médias, sur le monde comme il va et comme il irait et comme il pourrait aller ? Est-ce qu'il ne faudrait pas qu'ils sortent un peu de leurs dialogues ténus pris par le truchement d'ordinateurs portables et de caméras ? Ils ne font cependant que ce qu'ils veulent et pour autant, il décrivent tout autant le monde que s'ils étaient porte parole, que s'ils étaient des personnages sandwich, effigies d'un texte politique. Puis l'image revient au centre. Il y a toujours les bruits de Venise. Sur l'image il y a le visage de la femme, le haut de son buste, le revers de l'écran de l'ordinateur portable. Elle sourit. Ce n'est pas un sourire songeur. Ce n'est pas un sourire amical. Ce n'est pas un sourire amoureux. Ce n'est pas un sourire nostalgique. C'est un sourire comme un sourire médiatique. C'est comme un sourire de présentateur ou de présentatrice de journal télévisé.

L'image va vers la droite. Il y a le visage de B. qui regarde la femme. Il semble qu'il attend.

L'image revient au centre. Les bruits de Venise s'arrêtent.

C. A sa sortie, il a déclaré qu'il avait admis comme entièrement certaines et manifestes des choses dont il s'était rendu compte par la suite qu'elles étaient douteuses.


Elle regarde à gauche, elle regarde à droite, non pour chercher un assentiment mais pour signifier que son intervention est terminée, est sans doute momentanément terminée. Les bruits de Venise reprennent.

L'image revient sur l'écran de l'ordinateur portable, sur les écrans des ordinateurs portables sur les tables de la terrasse du café et sur chacun des écrans passe le même message en boucle : René Descartes mis en examen.
Je ne sais que penser de la dérision. Le texte, pour la première fois je crois, fait usage de la dérision et ce qu'il tourne en dérision, ce sont les médias. C'est l'expression de la frustration de ne pouvoir facilement s'en prendre aux médias, après une année passée, l'année dernière, à les scruter pour pointer leur suivisme, leurs approximations, leurs incitations aux crimes.
Descartes mis en examen, c'est la raison mise en doute mais c'est aussi le doute proscrit, interdit. Les médias ne doutent pas. C'est même incroyable combien les médias sont hors de doute. Ce matin, personne dans les médias ne doute, ne semble douter vraiment que le meurtre à Bagneux d'un jeune homme après séquestration et torture soit un crime raciste, est un crime antisémite. En vérité, si on lit les articles, dans les articles, dans le corps des articles, il y a des doutes, il y a même beaucoup de doutes. Mais ce qui ne doute pas, ce sont les titres. Les titres ne doutent pas, pas du tout, du fait qu'il s'agisse d'un crime raciste, d'un crime antisémite. Ce que l'on retient, ce sont les titres, qui exténuent le doute.
Alors, le texte, le texte d'aujourd'hui, est autorisé, pour une fois, pas tous les jours, le texte est autorisé à la dérision, il est autorisé à mettre Descartes en examen et à le placer en détention provisoire.




2005 2004 2003 2002 2001 2000




Je ne sais pas rêver plus intensément que les étoiles. Mais pourtant j'ai admis auparavant comme entièrement certaines et manifestes bien des choses dont cependant, ensuite, je me suis rendu compte qu'elles étaient douteuses. L'endormissement ébahi. Je m'approche de Venise comme on approche un animal dangereux. Je suis ton nomade. La vie vient de nouveau en espérant la nuit.