Diégèse  mercredi 4 janvier 2006


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2006

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L'atelier du texte demain




avant le texte
le texteaprès le texte
Le bootleg est une pratique qui consiste à mixer deux morceaux de musique pour en créer un autre, mêler deux chansons pour créer une autre chanson et faire en sorte que les soudures, les jointures ne s'entendent pas, ne se remarquent pas. On doit donc pouvoir faire aussi des bootlegs textuels, des bootlegs de textes. L'atelier du texte : bootleg, self bootleg. Entremêler ses propres textes. Outils et matériaux.
"Jusqu'à abasourdir les oiseaux de mer". Je ne prends pas. C'est la fin d'un texte, ou d'un film, ou d'un mauvais film. Le texte à écrire doit aussi lutter contre sa fin, contre sa propre fin, cette fin qui veut arriver tout de suite, qui veut s'imposer, se hisser, se hausser, se mettre en avant et qui écraserait tout, qui arrêterait la lente, la difficile, la très fragile germination du texte, de ce texte même qu'elle voudrait clore, qu'elle voudrait tout simplement finir.  Et elle devrait pourtant savoir, la fin, cette fin stupide, qu'elle ne tirera son existence même que de l'existence du texte, celui-là qu'elle voudrait clore trop vite. C'est elle, c'est la fin qui crie jusqu'à abasourdir les oiseaux de mer.
À la fin, s'oppose le début, le commencement. Le début dit à la fin : "tu vois, moi, je suis le début, je suis le commencement. Je suis bon. J'accompagne le texte, je le fais éclore, je suis un initiateur, une pépinière, une serre, un nid, une niche." Le début n'est pas un menteur, c'est un mystificateur. Le début est un début abusif. Il voudrait prendre toute la place. Il n'en finit pas de débuter, il n'en finit pas de repousser le texte au delà, jusqu'au point où l'attend la fin. Ainsi, le texte doit se prémunir contre deux vrais ennemis : le début et la fin, qui dialoguent au dessus de ses lignes pour l'empêcher de naître.
La lumière bleutée du téléviseur s'éteint tout à fait. Le chuintement gris du téléviseur s'estompe et puis s'éteint lui aussi. La scène est désormais silencieuse et obscure.
On entend un, puis quelques, puis de nombreux applaudissements. Puis les applaudissements décroissent et s'éteignent. La scène est une nouvelle fois silencieuse et obscure.
La lumière bleutée du téléviseur revient. L'homme est là. Il a posé sa main sur son épaule. Son bras forme une bandoulière.
Régler la difficile, la douloureuse question des applaudissements dès le début, une fois pour toutes. Je déteste les applaudissements. Parfois, on voudrait pouvoir applaudir avant la fin. Les applaudissements jouent pour le texte le même rôle dévastateur que la fin. Ils viennent trop tard ou trop tôt. Je leur règle leur compte. Je débarrasse le texte de toute tentation d'applaudissements.
Sans début. Sans fin. 
Sans queue ni tête.
 




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Parler pour les vivants et rester entièrement silencieux. Le raccourci irréfléchi de l'amour. Un rituel de voyages enfermés. Jusqu'à abasourdir les oiseaux de mer. Ce texte va marquer le début d'une enquête. La réalité vraie d'un sujet.