Diégèse  samedi 21 janvier 2006


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Qu'est-ce que je retiens de Umwelt de Maguy Marin, de la pièce chorégraphique Umwelt de la chorégraphe, de l'artiste Maguy  Marin : le dispositif,  deux rangées de miroirs dépolis à hauteur d'homme en quinconce sur toute la largeur de la scène. Au premier plan, au ras du sol, un moteur électrique dévide une bobine de corde, sans doute de corde à piano, qui vient frotter sur trois guitares électriques posées sur le sol pendant toute la pièce, jusqu'à la fin ou, sur la dernière guitare, le nœud coulissant de la corde joue trois notes qui signent la fin du spectacle. Le frottement sur les guitares produit un grondement au sein duquel parfois, on croit distinguer un rythme. Je retiens surtout le fait qu'elle ne cède pas, que Maguy Marin ne cède rien, qu'elle ne concède rien au confort du spectateur, au confort, qu'elle ne raccourcit pas son propos, qu'elle va répéter ses formes jusqu'à la fin prévisible et que cette fin prévisible n'est pas donnée par l'argument, par la narration mais par les Parques électriques et que cette répétition, cette lancination fait la force de l'œuvre, entièrement la force de l'œuvre. Je ne sais pas si Maguy Marin a lu Charles Péguy. B. : Ce n'est pas facile, mais tu pouvais gagner. Il faut que tu te concentres, il faut que tu oublies ta mémoire, que tu la fasses dégorger, dégorger comme un légume, comme une légumineuse, comme une sale légumineuse, comme une mémoire sale.

A. : Ce n'est pas facile.


B. : Ce n'est pas facile, mais tu pouvais être gagnant. On recommence. Thomas. Julien.


A. : Julien. Thomas.


B. : Perdu. Encore perdu. Toujours perdu. Tu ne fais aucun effort. Tu veux jouer et tu ne fais rien.


A. : Ce n'est pas facile.


B. : Encore.


A. : Thomas. Julien.


B. : Encore.


A. : Je ne cède pas. Je ne céderai pas. Je ne cède jamais. Je ne te cède jamais.


B. : Thomas. Julien.


A. : Perdu.


B. : Ce n'est pas facile.


A. : Ce n'est pas facile.


B. : Gagné.
C'est la fin de la troisième séquence, du troisième tableau mais si c'est du théâtre, mais si c'est théâtral, c'est la fin de la troisième scène mais si c'est un livre, c'est la fin du troisième chapitre et si c'est un film, c'est la fin de la troisième scène, mais si c'est un feuilleton, c'est la fin du troisième épisode et si c'est un spot publicitaire, c'est la fin du troisième spot de la campagne publicitaire. C'est la fin de la troisième séquence. Que se passe-t-il ? Que s'est il passé ? Que va-t-il se passer ? Je dois veiller à ne pas céder. Mais je ne dois veiller à rien, surtout ne veiller à rien, veiller peut-être, seulement, les personnages, veiller sur les personnages, veiller sur le dispositif de leur production, les miroirs ondulants de leur écriture et oser écrire qu'il s'agit des miroirs ondulants, Maguy, de mon écriture.





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Toutes ces doctrines qui pèsent sur l'art. Cet autre qui parle, quel est-il ? Déjà dans la nuit. Dégorger la mémoire. Cette vacance de moi que tu affectionnes. Ce pouvait être gagnant.