Diégèse  dimanche 22 janvier 2006


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2006

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Séquence 03

avant le texte
le texteaprès le texte
Au moment, au moment donné de commencer la quatrième séquence, il y a bien sûr toutes les possibilités mais il y a bien sûr, en fin de compte, à la fin, enfin, il n'y a qu'une seule possibilité, il n'y aura plus bientôt qu'une seule possibilité, dès que ce sera commencé, très vite, instantanément, il n'y aura qu'une seule possibilité, il n'y aura plus qu'une seule possibilité. Il y a le commencement et il y a le recommencementLe recommencement ne peut pas faire l'économie de récapituler, de revenir sur le texte déjà écrit, de résumer. Deux hommes, A. et B., qui ont tenté un prénom, un prénom chacun, puis y ont renoncé et qui ont dès lors joué avec l'idée de nomination, deux hommes qui se parlent, qui se disent, qui se redisent, qui se répètent, qui se parlent vraiment, sans rien dire vraiment. Ces deux hommes sont urbains. Ce sont des hommes de la ville. Je ne sais pas pourquoi. Comment recommencer ? Une question ou une affirmation ? Allez. Le même décor. La même lumière. Le canapé, le téléviseur mais on regarde en biais, on regarde de côté et l'on ne voit dès lors qu'un seul des deux hommes, on ne voit que le profil de A. et un peu de l'écran du téléviseur.

A. Qu'est-ce que tu lis ?


B. Autre question.


A. Qu'est-ce que tu fais ?


B. Je lis.


A. Qu'est-ce que je fais ?


B. Tu tentes, tu essayes, tu insistes, tu insistes dans l'existence, tu confirmes, tu affirmes, tu affirmes ton existence.


A. Qu'est-ce que tu lis ?


B. J'ai reconnu que j'existe ; je cherche ce que je suis, moi, ce moi que j'ai reconnu


A. René Descartes. Les Méditations métaphysiques.


B. Qu'est-ce que je fais ?


A. Tu lis.


On entend la voix de femme et l'on voit un visage de femme sur l'écran du téléviseur. La voix lit et l'on sait bien qu'elle ne récite pas : Il est tout à fait certain que la connaissance de cet être considéré dans ces limites précises ne dépend pas des choses dont je n'ai pas encore reconnu qu'elles existent, ni par conséquent d'aucune des inventions de l'imagination.
Ayant posé la nécessité de la radicalité du texte, de la radicalité du projet, ayant posé la volonté, la volonté nécessaire de ne pas céder à l'idée insidieuse, à l'idée malsaine de la lisibilité du texte, je suis inquiet, je suis au moins inquiet de la faisabilité, de l'écrivabilité du texte. J'affirme, j'essaye, j'affirme que la question lancinante de la lisibilité doit être rejetée. Je pense à la politique, à ce souci permanent qu'ont les politiques de faire, de dire, de communiquer une politique lisible. La lisibilité de la politique, n'est-ce pas ce qui ruine la politique ? À force de vouloir rendre la politique lisible, on détruit la politique et l'on ne se donne plus la peine, la peine politique d'expliquer la politique. c'est la même chose pour le texte. On choisit un genre et puis l'on choisit un format, pas trop de pages mais juste assez, car trop de pages, c'est trop de pages et pas assez de pages, c'est trop cher et l'on tombe ensuite sur le livre, le texte trébuche et tombe sur l'idée du livre et donc l'idée, la face sombre de l'éditeur, de la diffusion, de la librairie, de la bibliothèque, du dépôt légal, du caractère d'imprimerie et puis tout de suite après vient l'adaptation au cinéma, l'adaptation à la télévision, l'adaptabilité du texte aux médias. Le texte va-t-il trouver son lecteur ? Le texte va-t-il trouver son public ? Les yeux de l'actrice. Les costumes des acteurs, des acteurs vedettes. Promotion. Le texte échoue sur l'idée même de sa promotion.





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Il pleut du méthane liquide sur le sol d'hydrocarbure. Il faudra bien définir des intensités dans la fiction. L'eau acide de la pluie urbaine. Je marche tout le jour pour ne pas écrire. La blancheur et la fadeur molle du sommeil. Assez tard.