Diégèse  lundi 23 janvier 2006


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2006

ce qui représente 13,2889% de la vie de l'auteur

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L'atelier du texte demain




avant le texte
le texteaprès le texte
Le corps. La quatrième séquence parviendrait au corps, sa cadence viendrait du corps. Les deux  séquences précédentes venaient du langage, venaient de la parole, d'une parole qui ne pouvait pas atteindre une parole, l'autre parole. Mais il n'y avait plus le corps, les corps des personnages. Ce sont pourtant les veines du cou de A. qui avaient commencé le texte, et une caresse sur les veines de son  cou, une caresse à lui-même donnée, mais une caresse montrée, mise en exergue.
Du corps de B., le texte ne dit rien. De son corps, B. ne dit rien. Du corps de A. à côté du corps de B., sur le canapé, le texte ne dit rien et les personnages, ces personnages, A. et B., ces personnages n'en disent rien non plus. Leur parole semble brouiller toute tentative d'approche, toute illusion amoureuse, l'illusion même de l'amour comme métaphore d'une communication, d'un échange possible, d'une possibilité.
A. Reprenons.

B. Cela ne reprend pas, cela continue.


A. Cela va continuer. Cela ne va pas reprendre.


B. Non. Je vais me taire.


A. Un peu.


On ne voit pas B. On ne le voit toujours pas. On ne voit que A., de profil, en entier, mais de profil et aussi un peu de l'écran du téléviseur. B. se lève et tourne le téléviseur. On voit désormais tout l'écran, l'écran en entier. Il retourne s'asseoir sur le canapé. On ne voit pas B. On ne le voit toujours pas. Mais on voit l'écran du téléviseur, l'image sur l'écran, les images sur l'écran. Il y a un visage. L'image s'agrandit, comme s'était agrandi le paysage de montagne. C'est un visage d'homme. Le visage de l'homme se superpose à la scène que forment A. et B., le canapé, le téléviseur. Le visage n'est pas celui de A. et ce visage n'est pas celui de B., n'est pas non plus celui de B. C'est le visage d'un autre homme. Puis le champ de l'image s'élargit. Il y a le cou de l'homme, puis ses épaules, puis son torse, son buste, son buste en entier, puis le bassin, son bassin, ses jambes, puis on le voit en entier, entièrement, superposé à la scène que forment A. et B. et le canapé et le téléviseur. L'homme de l'image remue les lèvres, puis l'on entend sa voix dans le téléviseur. On supposera que c'est sa voix, qu'elle n'est pas doublée, mais elle pourrait être doublée.

La voix dit : je ne peux jamais te regarder et comprendre en même temps ce que tu dis.

Puis l'image rétrécit et revient, retourne, reprend la taille du téléviseur.


B. Tu crois qu'il était nu ?


A. Tu crois qu'il était nu ?


A. et B. en même temps, exactement en même temps : Or maintenant je sais avec certitude que je suis et en même temps qu'il se peut que toutes ces images, et généralement tout ce qui est rapporté à la nature du corps, ne soient rien que des rêves.


La voix de l'homme dans le téléviseur, et si l'on peut s'approcher on voit que c'est lui qui dit, qui c'est bien lui qui prononce, cette même voix prononce : Les Méditations métaphysiques.
Le dispositif qui permet de mettre le corps en scène, littéralement de le mettre en scène, le met ainsi doublement à distance et le texte, puis le texte de Descartes à l'intérieur du texte, redouble la distance, l'agrandit, la distend, l'étend, à mesure que l'image grandit, s'agrandit, se distend, s'étend, l'image, l'image d'un homme, l'image de l'autre homme, d'un autre homme. Mais le texte détruit aussi du coup, du même coup, par le même coup, détruit pour l'instant, pour ce moment de l'écriture, qui peut aussi, peut-être, qui peut aussi coïncider avec le moment de la lecture, le texte détruit le dispositif scénique, l'illusion d'une scène et dès lors l'illusion de la lecture, l'illusion qu'il s'agissait peut-être, qu'il s'agissait sûrement du texte d'une pièce de théâtre, d'une scène, d'une scène et donc d'un spectacle. Mais le texte détruit cela, pour l'instant, pour ce moment. Tu crois qu'il était nu ?  Il faudra bien s'en expliquer.





2005 2004 2003 2002 2001 2000




Cela ne reprend pas, cela continue. L'illusion définitive d'un amour insolent. Une métaphore totale. Je ne suis pas possible à toi. Un garçon qui se cache et brouille toutes les tentatives d'approche incongrue. L'odeur n'est pas désagréable, et même érotique.