Diégèse  vendredi 27 janvier 2006


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2006

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La puissance d'imaginer, la puissance même d'imaginer, d'imaginer le soir, d'imaginer le soir sombre dans une ville, dans une autre ville et cette ville est italienne, cette ville pourrait être italienne. Aller dans une ville italienne, seul, sans partage, sans partager et trouver la liberté donnée dans ces soirs sombres, dans des soirs embrumés
C'est cela le paysage que dessinent les outils et les matériaux aujourd'hui, c'est cela qui pourrait peut-être donner aux personnages le désir, le désir et l'envie de voyager, de quitter la pièce, de quitter leur pièce, de quitter leur dialogue pour voyager, pour voyager dans un espace où le soir existe, où il y a le soir, où il y a des saisons, pour aller vers un dehors, vers un au dehors, particulièrement au dehors.
A. Tu m'as écouté. Tu m'as écouté jusqu'au matin. Tu m'as écouté du soir au matin, du soir sombre au matin clair et du soir éclairci, du soir qui s'éclaire par un peu de bonté, par un peu de beauté et le matin qui s'embrume, qui s'embrume de la nuit, et puis ça recommence.

B. Il n'y a pas de soir. Raconte-moi le soir.


A. C'est le moment, c'est juste le moment, ce n'est pas une couleur, ce n'est pas une impression, c'est juste le moment de jointure entre ce qui est sombre et ce qui est clair, le moment où ce qui était clair devient sombre. Il y a de grands soirs et de petits soirs, d'infinis petits soirs, des soirs qui ne finissent pas, qui n'en finissent pas de s'assombrir, de tout assombrir. Parfois, je pense que tu es le soir.


B. Tu es le soir.


A. Il n'y a pas de soir.


B. Ne recommence pas, ne recommence pas la métaphore, la nomination. Si je ne suis pas Thomas, je suis le soir, je suis un soir grandiloquent, qui n'en finit pas de s'assombrir. Je ne suis ni le soir, ni Thomas. 


A. Tu vois ce que tu as fait


B. Thomas. Julien.


A. C'est le soir maintenant.
Il y a presque de la colère, de la colère entre eux, entre eux deux et puis il y a presque de la peine. Il y a presque du ressentiment. Il y a presque une histoire, une histoire qui se dessinerait, qui s'allongerait sur une épaisse couche de passé, un temps long qui alignerait des jours avec des nuits, des soirs et des matins, des saisons avec des hivers doux et aussi des hivers rigoureux. Mais si les personnages ont un passé, s'ils évoquent un passé, ils doivent aussi avoir un avenir. Ce ne serait pas juste de leur prêter un passé sans leur prêter d'avenir. Mais les personnages n'ont jamais d'avenir. Mais les personnages n'ont jamais de passé. Ils croient. Ils croient seulement. Ils croient un peu. Puis ils oublient. Ils croient écouter. Puis ils oublient. Ils croient voir aussi, voir même parfois dans le noir le plus complet. Mais ils oublient de voir, ils oublient de voir vraiment. Les personnages, pourtant, étonnent par leur faculté de s'émanciper. Dès lors, le travail, le travail d'écriture, consiste moins à leur donner vie, qu'à essayer de les garder, de les tenir un peu en place dans l'espace du texte.
 




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L'insurrection de la bonté. Toutefois, la puissance même d'imaginer existe effectivement et fait partie de ma pensée. Ce soir de nuages m'embrume. La beauté du pays, sans partage, sans partage avec toi, m'épuise doucement. Il y avait tant de liberté donnée dans ces soirs sombres. Tu vois ce que tu as fait ?