Diégèse  lundi 30 janvier 2006


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2006

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Il faut écrire, il faudrait écrire et c'est encore la nuit et je ne sais pas s'il faut que j'appelle des images ou que j'appelle des idées et je ne sais pas s'il faut que j'appelle images et idées ou que je les rejette pour rester un peu, encore un peu, dans le vide du rêve de la nuit, ce rêve-là entièrement évanoui, que je ne connais plus, que j'ignore.
Je peux appeler des images de lieux particuliers. Ce sont des lieux fugaces. De Venise, ce que j'appelle, c'est une place, un coin de place, un coin de place avec une terrasse à Murano. Ce que j'appelle de la Loire, c'est une ou deux maisons, un soir, sur les rives. Pourquoi ces lieux sont-ils restés dans la mémoire, en première ligne, en tête de mémoire et viennent sans que je les appelle, presque, dès lors qu'il s'agit d'évoquer une idée de lieu, dès lors que je ne retrouve pas d'image, presque pas, mais seulement l'idée de l'image ?
A prend un téléphone, à moins que ce ne soit un dictaphone, on ne voit pas très bien, et dit :

A. Je me souviens d'une ville par pays et d'une place par ville et de cette place, de cette place dans chaque ville, je ne me souviens de rien, et je pourrais dire, et je devrais dire que je ne me souviens de rien ou presque, mais je ne me souviens de rien, de rien du tout. Je me souviens seulement, je vais seulement me souvenir, je vais essayer de me souvenir du moment, du moment précis où les souvenirs de ces villes, de ces places, sont devenus les souvenirs du monde comme avant, du monde comme il était avant. Je me souviens de la plage, de la forêt, du champ et ce sont toujours la plage, la forêt, le champ. Mais les places de ces villes, ces souvenirs dont toute précision est évanouie, ce sont les places des villes comme elles étaient avant. Comme avant. Je voudrais me souvenir à quel moment, à quel moment précis, le monde, le souvenir du monde, a basculé dans cet indistinct du comme avant. Et je regarde les villes, et je regarde les images.
Quand j'ai vu des images, après avoir vu des images - je suis allé au cinéma -, je suis obligé d'aller chercher plus loin les mots pour construire, pour construire chaque phrase et pour faire le texte car ce sont d'abord les images qui viennent et qui s'imposent et je pourrais presque entendre de la musique et ce serait donc de la musique de film. Je ne dois donc pas voir d'images.
Il semble que A., le personnage A., soit entré en nostalgie, dans la nostalgie, car qu'est-ce que ce serait ce souvenir du monde comme avant, si ce n'était pas la nostalgie ? Mais l'étymologie dit que dans le mot nostalgie il y a nostos qui signifie le retour, la nostalgie, c'est le mal du pays, le mal du retour et quand le mot est inventé par un médecin suisse en 1678, le mal du retour, la nostalgie est spatiale, sans doute uniquement spatiale et c'est ensuite, que dans l'espace-temps, dans l'usage linguistique, l'usage littéraire, la nostalgie est devenue d'abord temporelle ou au mieux spatio-temporelle. Et c'est pourquoi l'un des plus beaux titres de livre, c'est le titre de ce livre écrit par Simone Signoret : la Nostalgie n'est plus ce qu'elle était.




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Trop occupé avec les dates sur les trottoirs pour écrire autre chose. Une voix qui chantonne à l'été. Le flou grisaillé du soir. Avoir transformé la ville en une construction mentale. Je n'en retrouve pas l'image, presque pas, seulement l'idée. Est-ce que c'est seulement banal ?