Diégèse  dimanche 16 juillet 2006


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2006

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Séquence 28

avant le texte
le texte
après le texte
Les personnages reviennent. Ils doivent reprendre, retrouver, un peu de leur innocence, l'innocence de leur apparition, de leur première venue, l'un après l'autre. Les veines du cou de Mathieu, qui semblent depuis ne plus battre. Le dos de Gustav dont il ne sait plus jouer. La voix de Noëmie, qui lit Descartes et qui lit comme elle chanterait.

Ce serait croire qu'une innocence perdue puisse se racheter. Ce serait croire que la connaissance est réversible. Ce serait oublier le temps.

Mathieu : à quoi penses-tu ?

Gustav : je pense à tous les autres voyages, je pense à tous les voyages inutiles, je pense à l'errance inutile.


Mathieu : et tu penses à la mort.


Gustav : et je pense à la mort. C'est pour cela que je voulais tuer toute possibilité de métaphore, que je voulais ici tuer toute possibilité de métaphore. Je pense à la mort et j'imagine sans raison des falaises blanches. Ces falaises blanches deviennent une des images de la mort. Noëmie intervient. Une image de falaises blanches est projetée sur l'écran et Noëmie dit "Gustav pense à la mort". Si elle ne dit rien. C'est la même chose. Est-ce que l'on ne pourrait pas enfin faire quelque chose ici qui ne soit pas métaphorique, qui soit définitivement éloigné de toute métaphore ?
Je me souviens du verbe "étarquer" que m'a donné l'ami Luc, un jour, en parlant du travail de l'écriture et je crois que cela signifie que l'on tend la trame sur le métier pour tisser, avant de tisser. Mais cela se dit aussi pour une voile de bateau que l'on tend au maximum face au vent. Dans les deux sens, il s'agit alors d'étarquer ce que font les personnages, ce qu'ils disent, la scène qu'ils constituent.






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Cela même est indécidable. Une certaine disposition à ne point me tromper. L'éclipse de l'éclipse. Je pense à tous les autres voyages inutiles avec peine, à l'errance. J'imagine sans raison des falaises blanches. Incapable d'évaluer son habileté.