Diégèse  jeudi 8 juin 2006


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2006

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Les rues de Gustav étaient vides hier, elles étaient vidées, je le crois, je crois me souvenir, je crois me rappeler qu'il s'agissait bien de rues vides de tout corps. Et les rues pourraient aujourd'hui se remplir, pourraient même grouiller de monde, accueillir une foule et cette foule pourrait être la foule des grands jours, une foule manifestante, une foule en colère qui manifeste. Je vais savoir maintenant ce que Gustav va dire, puisqu'il s'agit d'un monologue. Je vais savoir s'il accepte ma proposition de foule en colère qui envahit les rues en grondant. Je vais le savoir tout de suite, maintenant. (Gustav) Mais la rue peut se venger. Elle peut se venger et la nuit et le jour. Elle peut se venger et le jour et la nuit. Elle peut appeler des renforts. Elle peut appeler à la rescousse. C'est la foule. C'est une foule. On ne sait pas ce qu'elle fait. On ne sait pas ce qu'elle veut. C'est juste la rue qui se venge. C'est seulement la rue qui rappelle sa mémoire de révolte et sa mémoire de peur. Et la nuit, et le jour, la rue devient blanche. La rue blanchit. Avec la foule arrive le bruit et vient ensuite une déflagration. Quand le film s'arrête, vous ne savez plus de quelle rue il s'agit. Gustav a suivi ma proposition. Il l'a suivie à sa manière, cette manière-là de gronder, de proposer des images noires, des images encore plus noires, de les susciter et puis de les froisser et de ne rien en faire, de leur garder ce statut incroyable d'images jetables, que l'on peut appeler et puis que l'on peut jeter et que l'on jette. Alors Gustav a placé une foule dans la rue vide, précédemment vide, et précédemment vidée et il ne se passera rien, puisqu'il ne se passe jamais rien.
 









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Nos mémoires de révolte et nos mémoires de peur. C'est juste ainsi. Le tremblement revient. L'obscurité de la salle presque vide. Les sonneries trébuchantes des téléphones. Te souviens-tu de ces corps ?