Diégèse  mercredi 28 juin 2006


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2006

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Je ne sais plus du tout ce qui se passe. Les personnages ont lancé une querelle, une tension, se sont lancés eux-mêmes et j'assiste à cela, je remarque que sans nécessité d'aucune didascalie, le ton monte dans une exaltation que je trouve d'ailleurs un peu ridicule. Je ne crois pas aimer le fait qu'une actrice, qu'une comédienne prenne sa tête dans ses mains. Je ne sais pas pourquoi je ne trouve pas ce geste productif, productif de sens, productif d'émotion.

Alors je laisse les personnages continuer sans vraiment intervenir, puisque je ne suis pas là pour ça.

Mathieu : cela me rappelle la politique. Vous me rappelez la politique. Dans le discours politique, après un point magique de retournement magique, rien ne peut plus être dit, rien ne peut plus être prononcé, rien ne peut plus être entendu et les commentateurs disent alors de l'homme politique, de la femme politique qu'il ou elle n'est plus audible. Nous ne sommes plus audibles. Comme dans les contes de fées, toutes nos paroles se transforment en serpents. Et nous regardons seulement les serpents s'éloigner tranquillement d'une scène figée où il ne se passera rien.

Gustav : je ne suis pas d'accord. Je ne peux pas être d'accord. Il se passe tant de choses sur cette scène. Il y a, Mathieu, toujours les veines de ton cou qui palpitent. Il y a la blondeur de Noëmie. Les veines de ton cou et la blondeur de Noëmie sont des événements qui ne s'éteignent pas, qui sont parfaitement visibles et le trouble provoqué est aussi parfaitement visible et l'altération des voix qu'ils provoquent est parfaitement audible. La scène de théâtre est à l'opposé de la scène politicienne.

Mathieu : mais qui parle de théâtre ?

Gustav : je parle de théâtre.

Ainsi, Gustav et Mathieu se sont-ils lancés dans une controverse qui de façon assez artificielle semble opposer théâtre et politique. Il est vrai que l'on parle parfois et même assez souvent de la scène politique, du jeu politique, du théâtre politique qui devrait être en effet l'opposé du théâtre pour ce en quoi il ne devrait en aucun cas relever de la fiction.

C'est bien le caractère fictionnel de la politique et son caractère spectaculaire, son caractère théâtral, la métaphore théâtre de la politique politicienne qui porte au désespoir la mystique politique et c'est bien, une fois encore, ce que dénonçait Charles Péguy dans Notre jeunesse





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Après un point magique de retournement magique, les paroles politiques se transforment soudain en serpents. D'une grande lumière dans l'entendement a suivi une grande inclination dans la volonté. Estomper cette idée. Je lis la presse et j'arrive à comprendre ce que je lis. De cette journée, il ne reste aucune trace. Je n'étais ni inquiet, ni très curieux.