Diégèse  dimanche 5 mars 2006


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2006

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Séquence 09

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C'est bientôt le printemps. C'est une évidence et que provoque le printemps, que pourrait provoquer le printemps sur les personnages, sur des personnages ? Ils ont dénoncé l'illusion des voyages et avec cette illusion l'illusion des paysages, l'illusion des parfums, l'illusion d'autres agencements de couleurs, l'illusion du dépaysement et donc celle de la nostalgie, cette douleur du retour, du retour dans l'espace qui se confond avec l'illusion du retour dans le temps. Et si les personnages dénoncent, avec l'aide de Descartes, avec le soutien constant de Descartes, toutes les illusions qui font la vie des hommes, ils n'en restent pas moins des personnages et les personnages peuvent danser, crier, baiser et montrer leur corps et montrer même leur sexe. Et leur corps sera une illusion, et leur sexe. A. Je suis fatigué.

B. Je suis fatigué de Venise.


C. Je suis fatiguée des voyages.


A. Qu'est-ce qu'on fait ?


B. On ne fait rien. Le monde fait pour nous, il fait à notre place, il fait nos désirs, ils les provoque et puis les assouvit parfois et se repaît de notre frustration.


C. Je ne sais pas ce qu'est la frustration.


A. Je ne sais pas ce qu'est le désir.


B. Je ne sais pas ce qu'est le monde.


C. Si l'on ne sait rien, si l'on ne fait rien, si l'on ne raconte rien, je ne crois pas que nous allons pouvoir rester, rester ici, rester ensemble.


B. Mais nous ne pouvons pas partir. Nous sommes fatigués des voyages et de leurs illusions.


C. Je peux raconter mes voyages.


A. Je peux sortir.
Peu importe que les personnages ne fassent rien, ne racontent rien, ne voyagent pas, ne bougent pas, ne s'aiment pas. La tension, la mise en tension vient de cette absence. C'est comme le bruit d'un néon, c'est un bruit imperceptible, tout d'abord imperceptible et qui devient ensuite insupportable et qui provoque le geste, le geste d'éteindre, le geste agacé ou qui provoque juste l'agacement, l'agacement sans geste. Et si le texte agace, et si le texte ennuie et si le texte provoque l'ennui et le désintérêt, il n'en reste pas moins un texte. C'est alors un texte qui ennuie et le texte n'y peut rien.
 




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Ne plus jamais descendre vers les plaines mésopotamiennes. Bien que je puisse souhaiter même, ce qui n'existe nulle part, ce n'est pourtant pas pour cela qu'il n'est pas vrai que je les souhaite. Échoués. Fatigué des embruns vénitiens. Perdu dans les temps du récit. Sa voix qui traîne trahit encore la médication d'antidépresseurs.